Entre roche et glace: un Agathois au Festiglace 

  • Publié le 3 mars 2026 (Mis à jour le 4 mars 2026)
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Le grimpeur Gabriel Charette au Festiglace. Photo  Photo Arianne Deslauriers
Le grimpeur Gabriel Charette au Festiglace. Photo Photo Arianne Deslauriers

Unique au monde, le Festiglace réunit l’élite des grimpeurs du monde entier. Un sport fascinant que nous raconte l’Agathois Gabriel Charette, qui participait à cette compétition en tant que professionnel pour la première fois. 

Festival international d’escalade de glace et de plein air hivernal, le Festiglace s’est déroulé du 18 au 22 février à Pont-Rouge pour la cinquième fois. Des athlètes internationaux s’y sont réunis pour gravir les voies de parois rocheuses et glacées en surplomb d’une rivière. « L’objectif du grimpeur est d’escalader le chemin le plus difficile sans nécessairement que la distance soit importante contrairement à l’alpiniste, informe Gabriel Charette. Ce qu’on essaie de grimper, c’est une voie, c’est-à-dire un chemin qui mène au sommet d’une paroi et comme il y a plusieurs voies qui y mènent, on se donne des grades de difficulté en fonction du chemin que l’on prend. »  

Le grimpeur Gabriel Charette. Photo gracieuseté

Il a fait ses débuts en escalade intérieure à Montréal il y a dix ans, mais sa passion est vraiment née quand il commencé à grimper à l’extérieur. « C’est ma conjointe qui m’a amené à ce sport. J’ai toujours été quelqu’un d’aventure, je faisais du canot-camping avant et j’aime aller dans des endroits improbables, poursuit ce sportif de 37 ans. L’escalade c’est la même chose… à la verticale. On regarde ça d’en bas en doutant qu’on y arrivera, mais un mouvement à la fois, on suit une fissure, on progresse et on est en haut » , dit ce grimpeur de rocher qui a commencé l’escalade de glace lorsqu’il est venu vivre dans les Laurentides.  

Deux techniques distinctes 

« Quand je me lance dans quelque chose que j’aime, c’est à 100 %, ça devient une obsession. » Et pour performer, il s’entraîne 6 jours sur 7, épaulé par un entraîneur privé qui lui prépare son programme. Il structure son temps entre la garde partagée de sa fille qui reste sa priorité, son entraînement et son travail d’ingénieur logiciel. Les méthodes d’escalade sont différentes sur la glace et la roche. « En glace, on grimpe en A en ligne droite. C’est toujours le même mouvement, alors que sur la roche, il y a une extension du mouvement, parce qu’on va chercher d’autres points », explique-t-il en ajoutant qu’il aime la formule mixte (glace et roche).  

Le grimpeur Gabriel Charette au Festiglace. Photo gracieuseté

D’amateur à professionnel 

Gabriel Charette a participé au Festiglace en tant qu’amateur en 2023, 2024 et 2025. « L’an dernier, j’ai eu la médaille d’argent en compétition amateur, un autre était juste devant moi et on était loin devant les autres. C’est une petite communauté et les juges m’ont dit que je devais passer chez les professionnels; mais les professionnels sont de grands pros! »  

L’Agathois a donc rejoint la cour des Grands cette année. « On était 24 et je suis arrivé 23e », dit-il en riant. Mais l’exploit reste hallucinant et il trouve l’expérience très enrichissante. « C’est de l’entraînement, de la tactique, de la fluidité. Il y a une dizaine de voies de chaque côté de la rivière et chaque voie vaut un nombre de points, selon sa difficulté et sa grandeur. Il faut en faire le plus possible en 1h30 de chaque côté. » 

Le grimpeur Gabriel Charette lors du Festiglace. Photo gracieuseté

Il a relevé plusieurs défis et s’est surpassé pendant la compétition, mais il est tombé deux fois au départ et quasiment arrivé en haut, après 45 minutes d’ascension, il a de nouveau chuté. Il dit avoir trop forcé et a donc manqué d’énergie à un moment donné. « Il faut que je gère ça autrement; et puis, je montais en forçant sur mes bras, mais un pro m’a dit qu’il le faisait avec ses jambes. C’est un bel apprentissage », constate le grimpeur. Par ailleurs, la sécurisation diverge en professionnel, puisque le grimpeur est attaché par le bas en premier de cordée, tandis que les amateurs sont attachés en haut, ce qui fait une grosse différence. « J’ai grimpé 1h30 d’affilée [3h d’escalade au total en 2 périodes de 1h30] pendant la compétition et j’ai trouvé ça très dur, mais je suis motivé pour reprendre l’an prochain », assure-t-il. 

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