La FQM et la MRCAL réclament une révision du processus d’autorisation

  • Publié le 25 juill. 2026 (Mis à jour le 25 juill. 2026)
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Le lac Marsan à Rivière-Rouge.
(Photo ARLM)
Le lac Marsan à Rivière-Rouge. (Photo ARLM)

La Fédération québécoise des municipalités (FQM), la MRC d’Antoine-Labelle (MRCAL) et Rivière-Rouge réaffirment qu’il faut revoir le processus d’autorisation du ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF), afin que les décisions et les pouvoirs des municipalités et des MRC soient respectés.

À la suite de la publication d’un article dans La Presse (qui fait écho à celui paru dans L’info en mai), les autorités bougent. Cette demande fait état des réactions soulevées par l’Association des résidents du lac Marsan (ARLM), de la Rivière-Rouge et de la MRCAL.

« Les élus locaux ont consacré des années à définir une vision de développement pour ce territoire. Lorsqu’un projet d’une telle ampleur est autorisé malgré les préoccupations exprimées par le milieu, il est légitime de se demander si la voix des collectivités est réellement entendue. Les municipalités veulent collaborer, mais elles doivent sentir que leurs décisions et leur connaissance du terrain sont prises en considération », a affirmé Daniel Bourdon, préfet de la MRC d’Antoine‑Labelle (MRCAL) et administrateur de la FQM.

C’est pourquoi la Fédération réclame que les partis en lice pour former le prochain gouvernement du Québec s’engagent à annuler l’autorisation délivrée dans ce dossier. De plus, elle demande une « révision des processus d’autorisation afin d’assurer une meilleure cohérence entre les décisions gouvernementales et les orientations d’aménagement du territoire adoptées par les municipalités et les MRC », dit-elle dans sa communication du 22 juillet.

Un devoir pour Québec

Outre la FQM et M. Bourdon, le maire de Rivière-Rouge Gilbert Therrien interpelle la première ministre du Québec, Christine Fréchette, afin que celle-ci intervienne sans délai dans ce dossier et propose la révocation de bail exclusif d’exploitation (BEX) accordé dans ce dossier.

Selon une communication de la MRCAL aussi parue le 22 juillet, le préfet et le maire, comme le réclame la FQM, souhaitent que l’actuel gouvernement se positionne avant le déclenchement des prochaines élections générales, afin d’éviter des conséquences irréversibles pour ce secteur névralgique à l’environnement, les milieux résidentiels et récréotouristiques. Pour eux, cette autorisation ne respecte « ni la vision de développement du territoire adoptée par les élus locaux ni les préoccupations maintes fois exprimées par la communauté, les villégiateurs et les municipalités concernées ».

Daniel Bourdon avance même que Québec se doit de bouger avant les élections, car, dit-il, c’est un devoir.

« Les citoyens du Québec sont en droit de s’attendre à ce que le développement économique se fasse dans le respect des milieux de vie, des plans d’aménagement et des collectivités qui habitent le territoire », affirme le préfet.

Il n’y a pas que ces instances qui sont préoccupées, on parle aussi de la députée de Labelle, Chantale Jeannotte, elle qui s’est impliquée dans ce dossier. Selon la MRCAL, la députée « a relayé les préoccupations du milieu auprès des instances gouvernementales. » Le préfet et le maire s’attendent qu’elle poursuive activement les démarches et revendications « a relayé les préoccupations du milieu auprès des instances gouvernementales », dit le communiqué.

Par ailleurs, les candidats régionaux à la prochaine élection sont invités à prendre position, le préfet soulignant que les électeurs sont en droit de savoir la position de ceux-ci. « Nous les invitons à prendre position publiquement et à s’engager à faire annuler le BEX accordé dans le secteur du lac Marsan », soutient le préfet.

La Ville s’oppose

Rivière-Rouge, où le projet de carrière est concerné, une fois de plus pèse son opposition à l’emplacement choisi pour le projet.

« Depuis le début, notre position est claire : ce projet est localisé à un endroit qui ne convient pas et qui menace un secteur reconnu pour sa qualité de vie, son attrait naturel et son développement récréotouristique. L’emplacement choisi est inacceptable et nous continuerons à dénoncer cette décision », déclare le maire Gilbert Therrien.

La MRCAL poursuivra ses démarches auprès de Québec afin de faire valoir la volonté du milieu et de protéger l’intégrité de ce territoire.

Un débat fondé sur les faits

À la suite des inquiétudes du public depuis des mois, un citoyen de Rivière-Rouge, William Quessy, opérateur de niveleuse chez Dubé Excavation, voit le débat sur un autre angle. « Là où je crois que le débat dérape, c’est lorsque des scénarios deviennent, dans l’esprit du public, des certitudes », accorde-t-il à L’info. L’homme supporte et partage en ligne le lien d’une pétition en faveur du projet sur la base d’études scientifiques et de faits.

Selon lui, il est un peu tôt pour s’inquiéter, car le projet doit franchir un processus d’évaluation. « Avant qu’une carrière puisse être exploitée, elle doit faire l’objet d’études environnementales, d’analyses hydrogéologiques, d’évaluations portant sur les eaux souterraines, le bruit, la poussière, la circulation, la faune, la flore et les milieux humides. Les ministères concernés disposent d’importants pouvoirs pour imposer des conditions, exiger des modifications ou refuser un projet qui ne respecte pas les exigences environnementales. »

Pour M. Quessy, le Québec, comme ici, a besoin de carrière pour les routes, les immeubles, etc., et le fait de refuser cette carrière sans analyser les faits revient à ignorer cette réalité, sans parler de l’impact économique sur la région immédiate.

« À Rivière-Rouge et dans les Hautes-Laurentides, les emplois bien rémunérés sont limités. Beaucoup de travailleurs doivent parcourir des centaines de kilomètres ou quitter leur famille pendant plusieurs jours afin d’obtenir un salaire leur permettant de vivre convenablement. Plusieurs jeunes quittent également la région faute de perspectives. »

Des perceptions

Pour le Riverougeois, les reportages sur le projet laissent croire que l’ensemble de la population s’oppose au projet. « Plusieurs citoyens ne demandent pas l’autorisation automatique de cette carrière. Ils demandent simplement qu’on laisse les études suivre leur cours et que la décision repose sur des données scientifiques plutôt que sur des perceptions », explique-t-il. « Opposer systématiquement économie et environnement est une fausse opposition. Le véritable défi consiste à développer nos ressources de façon responsable, en respectant les citoyens et les normes environnementales les plus exigeantes », souligne M. Quessy.

En conclusion, M. Quessy remarque que ce n’est l’émotion ni les slogans qui doivent guider les décisions collectives, mais plutôt les preuves.

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