Le Festival international du Blues de Tremblant à travers les yeux des musiciens

  • Publié le 8 juill. 2024 (Mis à jour le 22 mai 2025)
  • Lecture : 4 minutes

Kenny « Blues Boss » Wayne
Fils de pasteur, Kenny « Blues Boss » Wayne est né aux États-Unis et est arrivé en 1982 au Canada, vivant surtout à Vancouver. Il habite maintenant à Burlington, en Ontario. C’est depuis 1994 que sa carrière s’oriente autour du blues. « J’ai commencé à jouer du piano à l’âge de 13 ans, je jouais différents types de musique. En 1994, j’ai décidé de me concentrer sur un seul type de musique, le blues, et je continue à le faire aujourd’hui », raconte-t-il, en anglais.
Pour lui, jouer du blues est une manière de se rappeler l’Histoire : « Pour moi, le blues est une histoire dont il faut se souvenir. C’est la vraie raison pour laquelle je me suis impliqué, parce qu’il ne s’agit pas vraiment de parler de l’avenir, mais du passé. Il s’agit de faire en sorte que les gens se souviennent des origines du blues et de son impact sur la musique d’aujourd’hui. » Une chanson qu’il adore jouer à l’audience est What a wonderful world de Louis Armstrong.
Pour Kenny « Blues Boss » Wayne, jouer au Festival du Blues de Mont-Tremblant est tout un honneur : « C’est un festival merveilleux, j’y ai déjà joué plusieurs fois et le public est tout simplement extraordinaire. Je pense que la province du Québec apprécie davantage l’art que les autres régions du Canada. C’est un privilège de jouer là-bas. »

Hanorah
L’auteure-compositrice-interprète montréalaise Hanorah cite parmi ses influences Aretha Franklin, Otis Redding, James Brown, Tower of Power et Parliament. « Je suis très inspirée par les voix graves, avec différentes textures et émotions. », complète-t-elle.
Pour Hanorah, le blues transmet l’Histoire, mais aussi des émotions passées ou actuelles. Elle rappelle que le blues est un mouvement du folk, musique créée par les Africains-Américains, souvent des descendants des esclaves d’Afrique : « C’est très important pour moi de continuer la tradition d’expression d’émotions difficiles et de continuer de transmettre ces émotions. Le blues invite les autres gens à participer dans le processus de deuil pour le rendre plus léger. », ajoute-t-elle
Hanorah avait très hâte de pouvoir jouer au Festival de Blues : « J’attendais le jour où je pourrais au Blues Fest, car c’est un gros festival de blues au Québec et pour moi c’est important de faire savoir aux gens que la musique continue de vivre, il a des gens de toutes les générations qui continuent à en faire et écouter. C’est un grand honneur pour moi, ça faisait longtemps que je voulais participer. »

Hanorah
Photo Monse Muro

Terrance Simien
Au moment de l’entrevue, Terrance Simien était en Louisiane. Il raconte qu’il a débuté son groupe de musique en 1991, quand il avait 16 ans et il a commencé à développer son propre style après avoir maîtrisé les styles plus traditionnels. « Nous avions l’habitude de jouer un style de musique appelé zarico, qui est une sorte de blues créole français de Louisiane. J’ai été influencé par des gens dans le domaine du zarico comme Clifton Chenier, Geno Delafose, et j’ai également repris certaines influences de Wallets, les Neville Brothers, et Dr. John. Ils ont tous été mes mentors », raconte-t-il dans un anglais chaleureux.
Il explique qu’il a ensuite développé son propre style : « Ensuite, j’ai développé mon style en fusionnant différents styles de musique dans la musique zarico. J’ai ajouté un peu de blues, de jazz, de reggae, de rock and roll, de vibrations ouest-africaines, de vibrations afro-cubaines. Nous avons également intégré un peu de funk de la Nouvelle-Orléans. Et nous avons créé notre propre style dans le style de zarico.»
Il répond à la question, « Avez-vous une chanson que vous tenez particulièrement à cœur » ainsi : « Toutes mes chansons et tous mes albums ont nécessité la même quantité d’amour et d’efforts. Lorsque nous nous en sommes éloignés, nous nous sommes dit que nous ne pouvions pas faire mieux. » Pour lui jouer au festival du Blues du Mont-Tremblant a une connotation spéciale : « Certains de mes ancêtres venaient de la partie française du Canada. C’est la connexion, la reconnexion avec le passé et le présent. »
Il conclut : « Si vous avez quelque chose qui vous tracasse, dansez, dansez pour vous débarrasser de votre misère. Nous voulons que tout le monde vienne passer un bon moment et ressente la musique, se connecte à la musique, et laisse la musique faire ce qu’elle doit faire pour vous guérir, pour que vous vous sentiez bien. »

Terrance Simien
Photo Jake Springfield

The Sugar Darlings
Kaven Jalbert, le saxophoniste et gestionnaire du groupe The Sugar Darlings, raconte qu’au début, le groupe faisait surtout des reprises de Etta james. Aujourd’hui avec un album en poche, le groupe s’affirme dans un style de blues mélangé avec rock and rock, du funk et du soul. La chanson qui leur tient le plus à cœur ? « Thirsty for your love, chanson thème de l’album. C’est un shuffle blues, une des chansons les plus blues de l’album. Ça démontre l’essence de ce qu’est le band, on est un band d’amis toujours souriants, toujours heureux. La chanson est entraînante et elle nous représente bien. Ça parle d’amour, ça parle de belles valeurs », répond Kaven Jalbert. Il ajoute, invitant : « Venez vous amuser avec nous, on va faire la fête ensemble, on va célébrer le blues et on vous y attend ! »

The Sugar Darlings
Photo gracieuseté

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