Niagara: la chute des illusions

  • Publié le 14 sept. 2022 (Mis à jour le 12 avr. 2025)
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Guy Marceau

C’était jour de première, dimanche dernier au cinéma Pine de Sainte-Adèle, pour le film Niagara du réalisateur Guillaume Lambert.
Il y avait une assistance copieuse venue découvrir enfin ce film écrit, dixit le réalisateur, en 2018, et dont la pandémie a fait repousser le tournage. La prémisse ? Trois frères, que tout sépare, se réunissent à Niagara pour les funérailles de leur père décédé après avoir fait le Ice Bucket Challenge… Or, avant la réunion des trois frères, s’amorce un road trip , de Montréal à Niagara, où d’abord le dépressif Alain (surprenant François Pérusse), et l’homme d’affaires rigide joué par un excellent Éric Bernier se partagent les répliques dans une série de situations cocasses. Ils vont rejoindre leur frère Victor, propriétaire d’un vignoble chez qui demeurait Léopold, le défunt père. On fera brièvement connaissance de la mère du trio (Murielle Dutil en astrologue, qui a abandonné ses trois fils dès leur enfance), de Stacy, une serveuse désinvolte à l’accent franco-ontarien (Véronic DiCaire) et de sa fille Pénélope (Katherine Levac). Il s’agit d’un premier rôle au cinéma pour Véronic DiCaire et François Pérusse. Des premières réussies.

Drame, comédie, « dramédie » ? Niagara c’est comme une comédie douce-amère. Puisque l’on nous donne à rire, parfois des rires jaunes, mais pas que. Ce qui devrait être triste ne l’est pas toujours pour autant… Quelques humoristes à la distribution, certes, mais on parvient (presque) à oublier la chose, tant les acteurs dévoilent leur côté tendre. Jamais n’a-t-on vu Pérusse aussi sérieux. C’est que sa vie dans le film, dirait Lisa Leblanc, «c’est d’la marde». La première scène du film montre Alain sur une passerelle des chutes Montmorency prêt à commettre l’irréparable, mais qui se fait déranger par un couple de touristes voulant prendre une photo…

Plus tôt en entrevue

Le réalisateur Guillaume Lambert y tient notamment un petit rôle, celui de Tommy, fils de Victor, « un introverti qui sortira peu à peu de sa coquille ». Guillaume ajoute : « Au départ, je ne devais pas jouer ce rôle, mais je l’ai décidé à la fin. C’est un tout petit rôle ». Un rôle pivot sachant que c’est son personnage qui tire la corde pour faire tomber la chaudière d’eau glacée sur la tête du patriarche…

Questionnée sur son premier rôle au cinéma, Véronic DiCaire avoue avoir puisé à même sa propre vie pour créer le personnage de Stacy, la « waitress ». «  Habituellement, dans mes imitations, je joue quelqu’un de connu; pour Niagara, il a fallu que je crée de toutes pièces mon personnage et c’était une partie de plaisir d’être dirigé par Guillaume qui m’a laissé carte blanche. » Idem pour Katherine Levac, enceinte au moment du tournage, et dont des répliques ont été adaptées à la situation et qui passaient comme une lettre à la poste. Mention à Guy Jodoin, sérieux comme un pape et d’une grande crédibilité. Le jeu de Marcel Sabourin, le père, est aussi efficace que sympathique. C’est par un effet de « flashback » qu’on assistera à son défi fatal, question de rythmer l’action qu’on a segmentée en quatre chapitres.

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