Les aventurières de retour

  • Publié le 28 avr. 2025 (Mis à jour le 22 mai 2025)
  • Lecture : 2 minutes


L’hiver 2025 a été particulièrement rude dans le Nord québécois. « Les locaux parlaient d’une année exceptionnelle. On a eu plusieurs nuits à – 40, et un record à – 46. Des températures comme si on revenait 20-30 ans en arrière », raconte Roxanne Chenel, de Val-David. Préparées pour affronter ces conditions extrêmes, les aventurières ont tout de même dû faire face à un événement marquant : une engelure sévère au pouce de Kathleen Goulet, qui a forcé son évacuation par hélicoptère à mi-parcours.

Un groupe réduit, mais une force intacte

« Ce fut un moment éprouvant. Perdre une coéquipière change toute la dynamique », confie Mme Chenel. Malgré le choc, les trois femmes restantes ont choisi de poursuivre l’aventure, réorganisant leur matériel pour alléger la charge. « Kathleen a pu rapporter certains équipements non essentiels. On a aussi renvoyé les raquettes, devenues inutiles puisque nous étions rendues sur la rivière Georges. Cette rivière-là est plus large, il y a plus de vent, il n’y avait plus de grosse neige épaisse. »

Le groupe avait soigneusement préparé chaque aspect du voyage, incluant les scénarios d’urgence. « On s’était parlé, on avait tout planifié : qui fait quoi en cas d’évacuation, comment éviter les conflits. C’est ce qui a fait notre force. »

L’incertitude jusqu’à la dernière journée

Une incertitude restait jusqu’à la fin ; allaient-elles pouvoir traverser la large rivière salée menant au village de Kangiqsualujjuaq ? « Sur les derniers 15 kilomètres, je dirais, on n’était pas sûres si on allait pouvoir les faire en ligne droite sur la glace ou devoir passer par les montagnes dans le territoire pour rejoindre le village », détaille Roxanne Chenel.

Grâce au froid intense, la glace était assez solide. « La dernière journée, on a pu faire une distance de 24 km. Pas de vent, ciel dégagé, grand soleil. C’était parfait », se rappelle Roxanne.

Des moments suspendus 

Au fil des jours, les aventurières ont croisé renards roux et argentés, lagopèdes, et aperçu des traces de caribous et de loups. Mais ce sont les aurores boréales qui ont marqué Roxanne Chenel : « Quand tu les vois, c’est que le ciel est clair… et qu’il fait très froid. Ces moments-là sont inoubliables. »

Une expédition porteuse d’un message

À leur retour du Nunavik, les femmes ont eu le plaisir d’apprendre que la Société Géographique Royale du Canada leur remettait une subvention dans la catégorie Expédition pour les femmes, pour l’année 2025. De retour de leur expédition : les aventurières souhaitent maintenant partager leur expérience. « Ce qu’on retient, c’est qu’il faut croire en soi. C’est possible de rêver grand et de réaliser de grands projets. Même quand d’autres doutent de toi. »

Roxanne Chenel, qui a travaillé huit ans en agriculture biologique, constate aujourd’hui combien cette vie l’a préparée. « Physiquement et mentalement, c’était une excellente école. J’ai réalisé que j’étais plus forte que je le pensais. » Elle ajoute : « Ce n’est pas juste l’expédition qui m’a forgée, mais tout ce qui m’a menée là. »

Aujourd’hui encore, le souvenir de l’expédition semble irréel aux aventurières. Mais une chose est certaine : « On en sort transformées. Plus fortes. Et prêtes à rêver encore plus grand. »

 

Articles les plus consultés

La présentation du budget 2026 lors de la séance extraordinaire du 16 décembre dernier. Photo Médialo – Emmanuelle M. Verschaeve 
Actualités
Communauté

Sainte-Agathe présente son budget 2026 

Le maire de Sainte-Agathe-des-Monts Frédéric Broué et son directeur général Simon Lafrenière ont présenté le budget 2026 de la Ville. 
Opération de soufflage de neige à Sainte-Agathe. Photo gracieuseté 
Actualités

Déneigement à Sainte-Agathe : combien ça coûte? 

180 000 $ par jour. Tel est le prix minimal du déneigement après une tempête pour que la ville de Sainte-Agathe soit bien dégagée. 
Pierre Boutin. Photo gracieuseté
Actualités

Pierre Boutin, se reconstruire après un deuil 

Pierre Boutin a perdu son fils happé par son autobus scolaire à Sainte-Agathe en 2019. Ce deuil brutal l’a guidé vers une voie de partage.