L’eau potable à Sainte-Agathe-des-Monts : état de la situation et enjeux

  • Publié le 26 août 2025 (Mis à jour le 19 sept. 2025)
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L’usine de filtration de l’eau potable de Sainte-Agathe-des-Monts 
Photo Médialo – Gabrielle Sarthou
L’usine de filtration de l’eau potable de Sainte-Agathe-des-Monts Photo Médialo – Gabrielle Sarthou

Au mois d’août, le baromètre de consommation d’eau potable de Sainte-Agathe-des-Monts a affiché un niveau « excessif » durant quelques semaines, signe que les citoyens consommaient au-delà des seuils recommandés. Maxim Forget, surintendant en traitement des eaux, a fait le point sur la situation actuelle, les défis et les mesures mises en place afin d’assurer la qualité et la pérennité de la ressource.

Interrogé sur l’état de la ressource, Maxim Forget explique : « À Sainte-Agathe, on a quand même beaucoup de réserves d’eau brute, que ce soit au niveau du Petit lac des Sables ou au niveau du lac des Sables. Annuellement, le Petit lac des Sables fournit 65 % de mon eau brute. Lors de la période estivale, lorsqu’il n’y a pas beaucoup plu, je pompe à partir du lac des Sables pour garder le plus haut possible ma réserve en haut, au Petit lac des Sables. » En termes de production, la moyenne annuelle, c’est environ 6 750 mètres cubes d’eau produite en moyenne journalière. La capacité de production, c’est 10 500 mètres cubes. « Je ne suis donc pas encore dans des chiffres qui me font dire que je suis inquiet pour la production d’eau potable », affirme-t-il.

Afin d’assurer la qualité de l’eau, la Ville participe au Programme d’excellence en eau potable (volet traitement). « Ce que ça fait, c’est que ça nous oblige à avoir des restrictions au niveau du fonctionnement de l’opération, d’être plus vigilants. Nous, on a tout de suite monté à trois étoiles, dû à la qualité d’eau qui est produite. »

Le Petit lac des Sables
Photo Médialo – Gabrielle Sarthou

Un appel à la responsabilité collective

En revanche, le baromètre de consommation d’eau potable de Sainte-Agathe-des-Monts a affiché un niveau « excessif » durant deux semaines au mois d’août. Il explique : « Quand le baromètre est mis à excessif, c’est une sorte d’appel à la mobilisation citoyenne à avoir des comportements qui sont plus responsables. C’est aussi simplement pour informer les citoyens que si on poursuit vers cela, moi, je mets de la pression sur l’usine.  Ça use prématurément l’usine, et il faut préserver notre source en eau. »

Pour prévenir la surconsommation, diverses mesures ont été mises en place par la Ville : compteurs d’eau pour les commerces, distribution de barils récupérateurs de pluie, subventions pour les toilettes à faible débit ou encore campagnes de sensibilisation à travers le baromètre de l’eau.

Maxim Forget tient à adresser un message clair aux citoyens : « Le message que j’aimerais transmettre aux citoyens, c’est qu’on a ici une ressource d’eau exceptionnelle, de bonne qualité. À long terme, si on veut conserver cette richesse-là, il ne faut pas gaspiller. C’est tout simplement ça. Soyez à l’écoute de nos messages. On a de l’or bleu. On veut la garder. »

Il ajoute : « Qu’est-ce que les gens peuvent faire? Tout simplement, limiter la consommation avec des besoins essentiels. Quand tu arroses ton entrée, ce n’est pas un besoin essentiel, prends donc un balai. Quand on se lave les dents, tout simplement, on ne laisse pas couler l’eau, ce n’est pas utile. On ne prend pas des douches exagérées pendant 25 minutes. Je pense qu’il faut juste s’adapter, être logique dans la chose et être responsable. Il y a des horaires d’arrosage, des jours d’arrosage, essayez de les respecter. » Il explique que malgré les restrictions en place, il voit sur ses graphiques des pics de consommations le soir. « C’est de l’eau que je traite et qu’on envoie sur les pelouses. Ce n’est pas logique, surtout quand tu es en période de sécheresse. On doit répondre aux besoins essentiels, et on n’exagère pas. C’est le mot d’ordre. »

Sa philosophie : « puisque tu es dans une société, si tu prends des avantages, tu empêches un autre d’en avoir.  Il faut être responsable et se considérer comme dans un tout. »

Quant à la consommation annuelle, généralement, M. Forget observe une relative stabilité malgré l’achalandage accru de la région : « Si je regarde annuellement, je ne vois pas de différence. Il y a plus d’achalandage, donc ça veut dire qu’on est plus écoresponsable parce qu’on distribue la même quantité, mais avec plus de gens qui l’utilisent. »

Défis futurs

Parmi les enjeux à long terme, il mentionne la protection des lacs, en particulier des bandes riveraines, et la vigilance face aux fosses septiques qui peuvent couler dans le lac : « C’est un des facteurs qui peut influencer les fleurs d’eau d’algues bleues. Nos sources d’eau ont des taux de phosphore bas, qui ne permettent pas de prétendre qu’on va avoir une problématique d’algues bleues. Mais il faut être vigilants quand même. »

Maxim Forget souligne aussi l’impact des changements climatiques, tant par les pluies abondantes que par les épisodes de sécheresse ou de canicule. Ceux-ci entraînent parfois une utilisation accrue de produits chimiques pour le traitement.

Il insiste également sur l’importance de ne pas être alarmiste concernant les variations de niveaux des lacs : « Le niveau du lac des Sables a baissé de 30 cm cet été, et c’est normal avec le manque de pluie que nous avons eu. Pour moi, ce n’est pas alarmant. »

Une usine qui s’adapte

La conception de l’usine de filtration des eaux municipale a été pensée en fonction des besoins futurs. « L’usine, elle est adaptable, donc je peux rajouter des filières de traitement qui augmenteraient la capacité de production, selon les besoins évolutifs de la Ville », souligne M. Forget, optimiste pour le futur.

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