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Marché : l’immobilier laurentien se distingue

  • Publié le 27 oct. 2026
  • Lecture : 3 minutes
Louis Giguère
Photo Médialo - Archives
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L’immobilier a été au cœur des discussions cet automne lors de la campagne électorale. On constate qu’un consensus se dégage au Québec sur ce sujet : il n’y a pas assez de logements abordables, c’est un défi de remédier à cette situation et les obstacles économiques rendent l’accès à la propriété plus difficiles pour plusieurs. 

Cette pression est telle que plusieurs municipalités ont ouvert des valves de sécurité en raison notamment de la saturation des infrastructures (traitement des eaux et réseaux d’aqueduc, notamment) et de la charge exercée sur les services locaux. C’est le cas à Sainte-Adèle et à Saint-Sauveur. À Mont-Tremblant, c’est plutôt un moratoire sur la mise en chantier de grands projets de villégiature qui est demandée par certains conseillers municipaux et des citoyens, jusqu’à l’adoption du nouveau plan d’urbanisme, attendu en janvier 2027. 

Dualité résidences principales et résidences secondaires 

Ainsi, dans notre région, bien que le manque de logements abordables fait problème, la dualité entre résidence principale et résidence secondaire plante le décor. L’évolution de cette dualité dans les MRC des Pays-d’en-Haut et des Laurentides traverse une phase de mutation profonde en 2026.  

Après l’explosion de la demande durant la pandémie et les années qui ont suivi, le marché se stabilise. Cette accalmie permet de mieux apprécier les tendances majeures qui redéfinissent l’activité immobilière de la région et crée, en fait, des opportunités fort intéressantes pour des acheteurs et des vendeurs avertis. 

Un chalet comme résidence principale 

Le télétravail fait maintenant partie du paysage et, avec lui, la frontière entre chalet et maison principale continue de s’estomper. Ainsi, de nombreux professionnels et jeunes retraités font le choix de transformer leur résidence de villégiature en résidence principale ou décident carrément d’acheter un chalet comme résidence principale. On doit pouvoir y aménager un ou deux bureaux, et la disponibilité de l’internet haute vitesse est une condition sine qua non.  

Dans ce segment, pour peu que l’on n’exige pas un bord de l’eau, on trouve des immeubles étonnants et abordables – construits à une autre époque – souvent près de sentiers en forêt qui ont tout pour offrir un mode de vie où le travail et les loisirs se côtoient. On y retrouve mezzanines, grandes terrasses, solariums, rez-de-jardin… Bref, des espaces de vies dont les fonctions premières ne sont pas inscrites dans le schéma conventionnel qui prédestine un rôle spécifique à chaque pièce. Les proprios peuvent ainsi y exercer leur créativité afin de s’offrir un aménagement original qui leur convient! 

Un marché de résidences secondaire plus élitiste 

Avoir sa résidence principale dans le Grand Montréal et une résidence secondaire dans les Laurentides est devenu un luxe difficilement accessible pour la classe moyenne. C’est notamment une des raisons qui en amène plusieurs à choisir un chalet comme résidence principale! Ainsi, le segment composé de véritables résidences secondaires attire une clientèle plus fortunée. Dans le contexte actuel qui limite le désir de planifier des vacances à l’extérieur du pays, le chalet tient un rôle de premier plan.  

Ce sont d’ailleurs les secteurs haut de gamme de la MRC des Pays-d’en-Haut (Estérel, Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et Saint-Adolphe d’Howard) et de la MRC des Laurentides (Mont-Tremblant et Sainte-Agathe-des-Monts) qui connaissent le plus d’activité. Les résidences de prestige au bord de l’eau trouvent preneur et, dans bien des cas, l’achat est fait comptant (sans hypothèque). La valeur de ces propriétés et le maintien de cette valeur en font d’excellents investissements, assez pour y transférer des capitaux placés ailleurs.  

Des villages vibrants 

Résultat des courses : des cœurs villageois plus dynamiques où des commerces de proximité locaux tirent leur épingle du jeu, de petites stations de ski des années 60 offrent des services plus près des besoins de leurs communautés et des villes comme Saint-Sauveur, Sainte-Agathe-des-Monts, Sainte-Adèle et Mont-Tremblant offrent tous les services… De plus, notre centre de villégiature de classe mondiale, la station Tremblant, voit enfin un projet majeur d’ouverture de nouvelles pistes de ski se concrétiser.  

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Les Laurentides, à contre-courant du Québec? 

Cette dynamique produit des résultats bien différents de ceux observés au Québec. 

  • Dans les Pays-d’en-Haut (pôle plus résidentiel) : des villes comme Sainte-Adèle ou Saint-Sauveur voient leurs ventes progresser de +14 % et l’inventaire de +13 %, portées par les acheteurs qui s’y installent pour y vivre à temps plein. 
  • Dans la MRC des Laurentides (pôle plus récréatif) : Mont-Tremblant et Sainte-Agathe-des-Monts voient leurs ventes progresser de +15 % et l’inventaire à +7 %. 
  • Au Québec, les ventes ont plutôt régressé de -7 % et l’inventaire a augmenté de +23 %. Plus près de nous, à Montréal, les ventes ont régressé de -14 % et l’inventaire a augmenté de +15 %. Observe-t-on une tendance de fond? Plusieurs facteurs pointent dans cette direction… 

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