L’historien Laurent Turcot s’amène à Mont-Blanc

  • Publié le 18 sept. 2026 (Mis à jour le 18 sept. 2026)
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Laurent Turcot. Photo gracieuseté
Laurent Turcot. Photo gracieuseté

Dans le cadre des Journées de la culture, le public est invité à assister à une conférence de l’historien Laurent Turcot, reconnu pour ses talents de vulgarisateur. La rencontre promet d’explorer l’évolution de ces pratiques au fil du temps, portée par le regard d’un spécialiste aussi rigoureux que captivant.

Pour l’historien Laurent Turcot, comprendre le Québec passe inévitablement par la forêt. « Quels sont les marqueurs essentiels qui font que le Québec est le Québec? », lance‑t‑il d’emblée. Parmi les multiples éléments possibles, il en identifie un comme central : la forêt et la manière dont les Québécois y ont accédé – ou ont été empêchés d’y accéder.

Turcot rappelle que l’imaginaire québécois est peuplé de figures liées au territoire boisé : le coureur des bois, la chasse, la pêche, les lacs, les pourvoiries. « On a l’impression que la forêt a toujours été là, qu’on y a toujours eu accès. Mais c’est très récent », insiste‑t‑il. Pendant longtemps, l’accès à ces espaces a été contrôlé par des pouvoirs qui en limitaient l’usage.

La forêt, un privilège?

Sa conférence reviendra sur les grands modèles historiques qui ont façonné ce rapport. Il évoque notamment la création, à la fin du XIXᵉ siècle, des clubs de chasse et pêche, qui réservaient la forêt aux plus riches. « Pour aller en forêt, pour chasser ou pêcher, il fallait être membre. Le “wilderness”, comme on l’appelait, était un privilège », explique‑t‑il. Ce n’est qu’à partir des années 1970 que ces clubs sont démantelés, ouvrant enfin la forêt au grand public. Même l’idée d’avoir un chalet en forêt, aujourd’hui répandue, n’a réellement pris forme qu’après la Seconde Guerre mondiale, lorsque les moyens financiers des familles ont augmenté.

Dans sa conférence, Turcot revisite aussi l’époque de la Nouvelle‑France, avec les coureurs des bois, les bûcherons et les grandes légendes canadiennes-françaises, comme Joe Montferrand ou la chasse‑galerie. « La forêt porte tout un imaginaire. Quand on se représente le Québec, on pense tout de suite à ces éléments‑là », dit-il.

Au-delà de l’histoire, la forêt demeure pour lui un espace intime, presque instinctif. « J’ai encore beaucoup d’amis dans la région, et pour moi, partir vers Mont‑Tremblant, c’est mon évasion de nature. C’est mon appel de la nature, comme le dirait Jack London », confie‑t‑il.

C’est le samedi 26 septembre à 16 h, à l’église Saint-Faustin au 1177, rue de la Pisciculture, à Mont-Blanc.

 

 

Qui est Laurent Turcot?

Laurent Turcot, professeur au département des sciences humaines de l’Université du Québec à Trois‑Rivières, est reconnu pour ses travaux sur l’histoire européenne et canadienne du XVIᵉ au XIXᵉ siècle. Titulaire pendant plusieurs années de la Chaire de recherche du Canada en histoire des loisirs et des divertissements, il s’est spécialisé dans l’étude des pratiques sociales de l’époque moderne, notamment les théâtres, cafés, cabarets, jeux de paume et lieux de sociabilité. Il est également actif dans les médias, collaborant à l’occasion avec Radio‑Canada et TVA, et anime une chaîne YouTube de vulgarisation historique, L’histoire nous le dira.

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