René Derouin et la Flore laurentienne à Griffintown

  • Publié le 13 janv. 2025 (Mis à jour le 22 mai 2025)
  • Lecture : 2 minutes

« C’est des condos, et chaque condo a son balcon avec un muret de verre. Ce sont 3000 plaques de verre trempées qui ont été installées pour réaliser cette œuvre », explique René Derouin. Pour concevoir cette œuvre unique, l’artiste a travaillé sur ce projet pendant des mois, souvent depuis son studio au Mexique.

Chaque balcon arbore un motif spécifique, fragment d’un immense paysage collectif. « Le motif, quand tu es proche, est très abstrait. C’est quand tu t’éloignes que tu comprends. Mais ce qui est intéressant dans ça, c’est que j’ai cherché à faire une œuvre privée pour la personne qui a son condo, tout en restant un fragment de l’ensemble », explique-t-il.

Photo Lucien Isabelle

Un récit visuel inspiré du fleuve

La fresque raconte une histoire qui débute avec les plantes de la flore laurentienne et s’élève vers les hauteurs du ciel. « L’ensemble, c’est un immense paysage à partir de la Flore laurentienne, de Marie-Victorin qui est en bas. Ça monte tranquillement. Ensuite, il y a le fleuve, les bateaux. Ça finit par beaucoup d’oiseaux. Le 17e, le 18e étage, c’est presque tous des oiseaux, des oiseaux blancs », détaille l’artiste.

Ce projet est profondément ancré dans l’enfance de René Derouin, marquée par sa relation intime avec le Saint-Laurent : « Je suis né sur le bord du fleuve. Le fleuve, je connais énormément ça. Je trouve que, souvent, Montréal a oublié son fleuve. Maintenant, ceux qui sont très haut dans l’édifice, ils peuvent le voir, le fleuve. »

Il se dit également marqué par des souvenirs familiaux, notamment par la perte de son frère Robert, qui s’est noyé dans le fleuve : « C’est un hasard troublant que ce projet se situe à l’intersection des rues Peel et Wellington, dans un complexe nommé Mary Robert. Comme mon frère s’appelait Robert. Cela m’a profondément touché. »

Photo Lucien Isabelle

Un hommage à Marie-Victorin

La Flore laurentienne, œuvre phare de Marie-Victorin, occupe une place centrale dans la démarche artistique de Derouin. « Je suis très en admiration pour Marie-Victorin. C’est un des grands personnages du Québec. Ce n’était pas seulement un botaniste, mais aussi un homme engagé, qui proposait des idées révolutionnaires pour son époque, comme enseigner la connaissance du territoire québécois plutôt que la philosophie religieuse. »

René Derouin s’inspire des formes graphiques et décoratives de ces plantes pour créer des motifs : « Je ne suis pas botaniste. Je regarde la Flore laurentienne pour son aspect graphique, toutes les formes que ça donne. J’invente à partir de ça. »

Cette fresque transforme également l’impact visuel de ces grandes tours modernes. « Ces édifices-là, c’est toujours froid. C’est rempli de verre, de métal noir, gris, aluminium, acier. Je me disais, il faut que j’aille dans le végétal ! », explique l’artiste.

En intégrant la nature et le Saint-Laurent dans un projet architectural, René Derouin invite Montréal à renouer avec son fleuve et son patrimoine.

 

Photo Lucien Isabelle

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