Quand la Banque alimentaire devient nécessaire

  • Publié le 15 sept. 2026 (Mis à jour le 15 sept. 2026)
  • Lecture : 3 minutes
Gaétan Chateauneuf, et Claude Joly, président et vice-président bénévoles du conseil administratif de la BA de Sainte-Agathe. Photo Médialo / Emmanuelle M.-Verschaeve
Gaétan Chateauneuf, et Claude Joly, président et vice-président bénévoles du conseil administratif de la BA de Sainte-Agathe. Photo Médialo / Emmanuelle M.-Verschaeve

La Banque alimentaire de Sainte-Agathe-des-Monts aide environ 300 personnes par semaine à se nourrir. L’un des bénéficiaires témoigne de la nécessité de cet organisme, qui a besoin de bras supplémentaires.  

Le jeudi matin à partir de 11 h, des citoyens attendent pour recevoir des denrées à la Banque alimentaire (BA). Bruno Verret y vient depuis trois ans. « Je travaillais à l’usine à Sainte-Agathe, mais avec la COVID, j’ai dû changer de travail », raconte-t-il. Seul avec deux ados de 15 et 12 ans, il a du mal à s’en sortir financièrement. « Avec l’école, les loyers qui montent et le prix de l’épicerie, t’as pas le choix que de venir ici pour donner une meilleure qualité de vie à tes enfants. » 

À l’instar des autres bénéficiaires présents pendant l’entrevue, M. Verret est plutôt découragé par les gouvernements. « Ils rendent les pauvres plus pauvres. Là, c’est les élections, alors il y a des promesses, mais on a de la misère à accorder notre confiance aux personnes publiques parce que ce qui est dit ne correspond pas à nos besoins. » Même s’il est dépité, il estime que c’est important de témoigner pour le journal, afin que l’information circule.  

« On n’a pas les salaires pour le coût de la vie et je ne pense pas que grand-chose va arriver qui fera qu’on va payer moins cher de loyer ».  

Sans vouloir témoigner directement, les autres personnes participent à la conversation et disent vivre les mêmes défis ou acquiescent discrètement d’un signe de la tête. « La banque alimentaire est nécessaire. Ça ne nous sauve pas, mais ça nous aide beaucoup à nous sentir mieux envers nos enfants », affirme Bruno Verret. « Je dois mettre mes priorités à la bonne place en donnant tout pour mes jeunes. »  

Bruno Verret témoigne de la nécessité du service de la Banque alimentaire à Sainte-Agathe. Photo Médialo / Emmanuelle M.-Verschaeve

Des profils diversifiés 

Ainsi, chaque semaine, plus de 100 familles se rendent à la BA parce qu’elles n’ont pas les moyens de se nourrir. « On reçoit en moyenne 120 personnes, mais elles représentent une famille, donc environ 300 personnes », informe Gaétan Chateauneuf, président du conseil administratif de la BA de Sainte-Agathe. « Certains viennent chaque semaine, d’autres aux deux semaines. Je constate qu’il y a beaucoup de nouvelles inscriptions, mais ce qui nous tient, c’est qu’ils ne viennent pas toujours tous. »  

L’organisme vient d’ailleurs d’inscrire six nouvelles familles. Les profils des gens varient beaucoup et certains ont un emploi. « Avec le salaire minimum, les gens n’y arrivent pas et les loyers sont trop élevés », remarque Claude Joly, vice-président de l’organisme. « Un loyer qui était à 800 $ il y a cinq ans est rendu à 1400 $ maintenant. Les gens mettaient cet argent-là sur la nourriture et maintenant, ils ne peuvent plus. » 

Des étudiants, des nouveaux arrivants dans la région, des aînés, des handicapés, des personnes ayant des problèmes de santé mentale : chaque cas est différent. « On fait une analyse en fonction des revenus et des dépenses de chacun », explique Gaétan Chateauneuf. Par exemple, un couple au salaire minimum, mais avec un gros loyer pourrait être éligible. C’est pas fixé dans le béton. »  

Les portions distribuées varient évidemment en fonction du nombre de personnes par famille. Par exemple, la valeur des aliments offerts est approximativement de 125 $ pour une famille de quatre. « Ce n’est pas suffisant, mais ça aide », souligne M. Joly. 

Relève recherchée 

Impliqués dans le bénévolat depuis longtemps, Gaétan Chateauneuf et Claude Joly ne comptent pas leurs heures et adorent ce qu’ils font. Ils ont une belle banque de bénévoles, mais ont besoin de remplaçants le mercredi pour recevoir les produits et le jeudi pour tout placer et accueillir les bénéficiaires. « On est surtout des retraités, alors ça prend des remplaçants parce qu’il y en a qui tombent malades, d’autres qui ont des rendez-vous médicaux ou encore partent en vacances. On a aussi besoin d’une relève », dit Claude Joly. 

 Plusieurs bénévoles de la BA de Sainte-Agathe. Photo Médialo / Emmanuelle M.-Verchaeve 

Gaétan Chateauneuf souligne que le financement de la BA est limité. « La ville nous aide beaucoup, la MRC un peu, mais on a des besoins financiers au niveau local de la part du gouvernement. » Il cite en exemple les chèques-cadeaux donnés aux gens pour Noël, dont le montant pourrait augmenter. En revanche, il apprécie le soutien d’autres organismes, comme L’Abeille de Val-David, les Chevaliers de Colomb ou la Fondation Tremblant et plusieurs commerces locaux.  

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