Gino Chouinard parle à cœur ouvert 

  • Publié le 11 mai 2026 (Mis à jour le 11 mai 2026)
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Gino Chouinard. Photo Michel Guertin 
Gino Chouinard. Photo Michel Guertin 

Après son départ de l’émission Salut Bonjour qu’il a animé pendant 20 ans, Gino Chouinard fait un bilan de son parcours. Celui qui aspirait à être comédien a connu bien des déboires, mais est toujours resté enthousiaste. Entretien avec un homme d’affaires qui témoigne de la difficulté d’être entrepreneur lors d’une conférence teintée d’humour et d’émotion. 

De la persévérance à l’acharnement, Gino Chouinard raconte son parcours chaotique, ses années difficiles à faire des jobs ingrats, qui ne lui convenaient pas ou auxquels il ne convenait pas. Il dresse un autoportrait plein d’autodérision pour démontrer plus sérieusement que l’échec cache parfois un succès. Inspiré par de nombreux grands hommes comme Winston Churchill, Thomas Edison, ou, plus proche de nous, Pierre Lavoie, il les cite en exemple pour démontrer qu’on peut tomber pour se relever en devenant un peu plus fort; puis accepter de se tromper pour avancer et rester déterminé. 

Gino Chouinard en entrevue avec L’info. Photo Michel Guertin.

Personnalité d’affaires aguerrie, il livre à L’info son point de vue sur la situation économique actuelle, dans la région et ailleurs avant d’animer une grande conférence de la Chambre de commerce du cœur des Laurentides. « C’est difficile pour moi de mettre le doigt sur le bobo parce que je ne suis pas d’ici, mais les Laurentides, comme l’Estrie comme la Gaspésie comme le Saguenay vivent des transformations commerciales avec l’arrivée des grands joueurs qui s’installent dans un pôle précis pour attirer des gens ». Il constate que des petites communautés très vivantes autrefois, sont parfois secouées et doivent s’adapter. « On a souvent l’impression que c’est David contre Goliath; ce n’est pas toujours facile, mais il peut y avoir des solutions. Pour preuve, j’ai un ami en Abitibi qui habitait un petit village où il y avait trois stations-service qui ont fermé parce que des plus grosses se sont installées dans un grand centre et tout le monde allait là », raconte-t-il. « Lui, il a pris de l’argent de ses poches et a ouvert un commerce parce qu’il ne voulait pas voir mourir son village ». Son copain a créé un concept avec une station-service et deux pôles de restauration à l’intérieur. Les gens ont alors recommencé à se retrouver et la vie communautaire a repris.  

Créativité et service impeccable 

« Ici, vous avez le pôle d’attraction qu’est Tremblant qui attire du tourisme et l’autoroute fait que les gens passent moins dans les villages comme à la belle époque. Moi, je l’ai fait ce matin. Je suis allé me chercher un bon café au centre-ville de Sainte-Agathe chez Couleur Café [Signature]. » Il a trouvé le commerce beau et a constaté qu’il y avait du monde. « Je pense que, pour rivaliser avec les centres qui attirent un peu plus de touristes de l’extérieur, il faut être créatif, original et offrir un service impeccable. » 

Il mentionne que ça prend beaucoup de courage d’ouvrir un commerce aujourd’hui, car c’est un gros investissement financier et un engagement d’horaire dans la courbe de progression. « Ça prend 3 à 5 ans avant que le commerce soit installé et une fois qu’il est là, il faut le maintenir. C’est dur d’être en affaires et ça prend de la détermination puis parfois de l’abnégation. » 

Faire confiance aux jeunes 

Gino Chouinard, qui a pris le vent de face à de nombreuses reprises, souligne que le vent tourne et qu’on finit par l’avoir de dos. « Il faut être flexible et comprendre que la rigidité dans laquelle on s’installe parfois peut avoir des conséquences irréversibles. » Il croit beaucoup en la jeunesse et qu’il ne faut pas craindre de rajeunir son commerce. « En étant à l’écoute de leurs priorités, de leurs préoccupations, ça nous permet de rester aussi dans le coup. Je les trouve stimulants. » 

Selon lui, l’œuvre gigantesque de René Drouin à Val-David autour du Métro a permis de revaloriser l’épicerie de proximité et de garder une empreinte villageoise forte et dynamique. La résilience, puis la communication sont le nerf de la guerre en entrepreneuriat, comme pour faire une communauté et Gino Chouinard en est un exemple criant. « Je fais la démonstration du succès des échecs, parce que j’ai eu un vent de face pendant 10 ans. Aux yeux des gens, tout a été simple et facile dans ma carrière, mais ce n’est pas le cas et il n’y a pas de résultats sans effort », conclut-il.  

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