Hélène Hawkins et Alexis Barnes : modèles de persévérance scolaire 

Hélène Hawkins et Alexis Barnes. Photo Médialo - Emmanuelle M. Verschaeve
Hélène Hawkins et Alexis Barnes. Photo Médialo – Emmanuelle M. Verschaeve

À l’école primaire Lionel Groulx / Monseigneur Bazinet de Sainte-Agathe-des-Monts, l’efficacité des classes langage est clairement démontrée, comme en témoignent les progrès d’Hélène Hawkins et d’Alexis Barnes, dont la persévérance est exemplaire.  

L’entrevue était prévue avec Martine Alarie et un élève persévérant de son choix. Cependant, l’enseignante en classe langage a proposé d’inviter toute son équipe, deux enfants et un représentant de leur famille à la rencontre, expliquant que la collaboration est fondamentale dans ce projet d’intégration. C’est donc un grand groupe qui s’est réuni pour parler de ce programme. Martine Alarie qui s’occupe depuis 21 ans de la classe langage de la 1re à la 3e année. Dominique Boulay, enseignante en classe langage des plus grands et qui les prépare pour la transition au secondaire. Valérie Georges, technicienne en éducation spécialisée. Victoria Zenga et Julie Fournelle, respectivement enseignante au régulier en en classe hybride (régulier et quelques élèves en difficulté d’apprentissage), ainsi que le stagiaire Benjamin Bovin. Étaient aussi présents, Alexis Barnes, 10 ans et son père Jonathan, puis Hélène Hawkins, 12 ans et sa belle-mère Josiane Denis. Enfin, le directeur, Louis Dave Bergeron, a également assisté à une partie de la réunion.  

L’équipe d’intervenants en classe langage, ainsi que les jeunes Hélène Hawkins et Alexis Barnes accompagnés de leurs belle-mère et père. Médialo – Emmanuelle M. Verschaeve

La classe langage en question 

Pour qu’un enfant aille en classe langage, un orthophoniste doit lui avoir diagnostiqué un trouble de développement du langage sévère, au niveau de la compréhension et de l’expression. « On est tenu de faire le programme du régulier, mais en suivant le rythme des enfants, en leur enseignant de manière un peu plus ludique, explique Martine Alarie. On joue, on cuisine, on utilise d’autres moyens que les standards papier-crayon. » L’apprentissage de la lecture passe par exemple par une recette pour cuisiner afin d’attiser l’intérêt des jeunes au maximum. C’est aussi le cas pour les mathématiques, quand il s’agit de mesurer les ingrédients et de savoir de combien on a besoin si la recette est doublée. « C’est la différence principale et en les ayant dans nos classes plusieurs années de suite, ça permet de savoir où ils en sont. On n’a pas à recréer un lien, c’est très efficace. » 

Martine Alarie, Alexis Barnes, Dominique Boulay, Hélène Hawkins et Valérie Georges. Photo Médialo – Emmanuelle M. Verschaeve

Tous les matins, les classes de Martine et de Dominique sont réunies autour d’un petit déjeuner, mais les regroupements se font aussi avec les autres classes, ce qui permet de valoriser chacun dans ses aptitudes. Par exemple, Alexis adore distribuer les déjeuners, créant ainsi des liens avec les autres et développant une bonne estime de soi. « Souvent, malheureusement, dans les classes spécialisées, on fait nos choses un peu à part, mais là ce n’est pas le cas. Ils ne sont pas gênés de leurs difficultés, d’en parler. Les habiletés sociales sont très importantes », mentionne Dominique Boulay. Et puis, quand Victoria Zanga ou Julie Fournelle intègrent des jeunes de classe langage dans leurs cours, elles peuvent aussi trouver de l’aide en eux. « Dominique a un élève extraordinaire au niveau des sciences, alors quand il est avec nous, ça aide certains des miens qui ont de la difficulté », informe Mme Fournelle.  

Des progrès dans le quotidien 

Les progrès s’observent dans le quotidien. L’enfant va s’exprimer plus facilement, avoir une structure d’idées, faire des textes de plus en plus longs, utiliser un vocabulaire plus riche, etc. Au-delà de l’évaluation formelle que l’enseignante peut faire, la réussite se voit dans la fonctionnalité. « Ici, on est tout sauf isolé et on invite d’autres classes à se joindre à nous pour que les jeunes se sentent intégrés et que ceux du régulier se rendent comptent que ce n’est pas le problème de langage qui définit la personne en elle-même », note Dominique Boulay.  

Josiane Denis, Hélène Hawkins, Alexis Barnes et Jonathan Barnes. Photo Médialo – Emmanuelle M. Verschaeve

Aimer l’école 

Questionné pour savoir les raisons pour lesquelles ils ont été choisis comme modèles de persévérance par leurs enseignantes, Alexis Barnes et Hélène Hawkins se sentent gênés entourés de tant de personnes, mais leurs sourires et l’attention qu’ils portent à la conversation démontrent le plaisir qu’ils ont à être choisis. Jonathan Barnes nous apprend que le comportement de son fils a littéralement changé. « C’est le jour et la nuit ». Et Alexis d’ajouter : « J’aime être dans un petit groupe ». La différence est effectivement notable, puisqu’il est partir d’une classe de 25 à Val-David vers une classe de 6 ici. S’il adore aller dans les autres classes, il se sent rassuré quand il retourne dans la sienne, en petit comité.  

De son côté, Hélène est arrivée en classe langage à l’âge de 7 ans et dit qu’elle était très timide. Elle n’osait pas parler, ne levait même pas la main, ne savait ni lire ni compter, ce qu’elle a appris depuis. « Elle s’est épanouie et maintenant elle fait même des pièces de théâtre avec nous », dit son enseignante, qui assure qu’elle est prête pour le secondaire. Elle lit même un petit roman actuellement. Sa belle-mère constate également d’énormes progrès : « Elle essaie de lire à la maison, aide à faire à manger, apprend d’autres tâches connexes à l’école et elle les fait à la maison. Elle veut aller à l’école, parce qu’elle aime ça ». Pour le directeur Louis Dave Bergeron, c’est la plus belle chose qu’on peut entendre d’un enfant qui a ces difficultés-là. « L’avenir est ouvert à elle ». 

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