Coupable d’avoir asséné un coup de poing mortel à un ami à Saint-Donat
Un homme de 35 ans vient d'être reconnu coupable d'avoir involontairement tué l'un de ses meilleurs amis en lui assénant un coup de poing mortel dans un chalet de Saint-Donat en 2013 peu de temps après qu'une confrontation ait éclatée entre eux parce que sa victime venait d'agresser sexuellement sa conjointe.

C’est devant une salle bondée de membres de la famille et d’amis de la victime, Sylvain Nugent, que Benoit Pozzobon, de Sainte-Anne-des-Plaines, a été reconnu coupable d’homicide involontaire le 26 septembre au palais de justice de Joliette par le juge Claude Lachapelle.
Soulagés
Au sortir de la salle de cour, après l’annonce du verdict, les parents de Sylvain Nugent se sont serrés dans leurs bras, soulagés.
« Même si c’était difficile, il fallait que je sois là parce que si je n’étais pas venue, c’est comme si j’avais abandonné Sylvain », a confié sa mère Lucille Carbonneau aux journalistes.
Elle et son mari, Claude Nugent, se sont tous les deux dit soulagés du verdict de culpabilité rendu contre celui qui a tué leur fils.
« On va tout le temps avoir la souffrance parce qu’il y a quelque chose de mort en dedans de nous autres et ça ne reviendra pas, mais on va pouvoir mettre un baume là-dessus », a ajouté Lucille Carbonneau.
« On sent que justice a été rendue », a ajouté Claude Nugent.
Tourné au drame
Il y a un peu plus de trois ans, le 29 juillet 2013, Benoit Pozzobon et Sylvain Nugent ainsi que cinq autres amis de longue date s’étaient réunis dans un chalet de Saint-Donat, dans le nord de Lanaudière, pour y passer du bon temps.
Or, cette journée, qui devait en être une festive, a rapidement tourné au drame après que Sylvain Nugent ait agressé sexuellement la conjointe de Benoit Pozzobon, vers 4h45. Celle-ci a été réveillée dans son lit par Sylvain Nugent, alors qu’elle croyait qu’il s’agissait de son chum.
Selon le juge Claude Lachapelle, il ne fait aucun doute que Sylvain Nugent a agressé sexuellement la conjointe de Benoit Pozzobon ce soir-là.
C’est aussi, selon le juge, la raison pour laquelle Benoit Pozzobon a asséné au moins deux coups de poing à son ami de longue date, dont un qui a fracturé l’artère vertébrale gauche et a causé une hémorragie mortelle autour du cerveau.
Se venger
Même si aucune preuve directe de l’agression de Benoit Pozzobon n’a été présentée devant la cour, il n’en demeure pas moins qu’il avait un mobile, soit de se venger de l’agression sexuelle de sa conjointe, a estimé le juge.
Selon le magistrat, tout a basculé quand la blonde de Benoit Pozzobon lui a répété à trois reprises qu’elle avait mal.
« À ce moment-là, malgré les évènements que vivent l’accusé et sa conjointe, tout laisse croire que la situation est sous contrôle, mais tout va basculer », indique le juge dans son jugement.
Les deux amoureux venaient alors de quitter le chalet ensemble en voiture après une altercation verbale survenue entre Benoit Pozzobon et Sylvain Nuget peu de temps après l’agression sexuelle.
Le couple s’est arrêté en bordure de la route et Benoit Pozzobon a appelé la police pour dénoncer l’agression dont venait d’être victime sa conjointe.
Puis, pour la première fois, sa conjointe lui a exprimé sa douleur et la réaction de Benoit Pozzobon ne s’est pas fait attendre.
« On l’entend dire: “je vais le tuer tabarnak”; il se met à courir en direction du chalet sans expliquer son but réel, même si [sa conjointe] le désapprouve », poursuit le juge.
Une fois au chalet, personne n’a vu Benoit Pozzobon asséner les coups de poing à Sylvain Nugent, mais, selon le juge, les preuves circonstancielles sont suffisamment éloquentes pour en venir à cette conclusion hors de tout doute raisonnable.
Une gaffe
Il relève notamment le coup de fil passé par Benoit Pozzobon à son beau-frère la nuit du drame et au cours duquel il affirme avoir fait « une gaffe ».
Selon le juge, les évènements de cette nuit tragique donnent « tout son sens aux paroles prononcées par l’accusé à son beau-frère lorsqu’il lui dit : “Mon chum a essayé de violer ma conjointe, j’ai vu noir, je pense que j’ai fait une gaffe, là, il est à terre et il [ne] bouge plus” ».
Lors du procès, Benoit Pozzobon avait témoigné être retourné au chalet pour préserver les preuves de l’agression avant d’affirmer qu’il n’avait pas récupéré les éléments de preuve parce que « de toute façon il n’est pas un spécialiste ».
« Au sujet de la conversation téléphonique avec son beau-frère, il tente de donner un sens à ses paroles qu’elles n’ont pas. Ses explications ne sont ni logiques ni raisonnables dans les circonstances de ce dossier. Son témoignage heurte le bon sens », a relevé le juge.
En appel ?
L’avocat de la Couronne, Me Marc-André Ledoux, s’est dit « satisfait pour la famille de la victime » du verdict rendu par le juge.
« Il est certain que des dossiers sont plus difficiles quand il n’y a pas de preuve directe. Heureusement, le juge a bien compris la théorie de la cause qu’on avait et a bien évalué la crédibilité des témoins », a-t-il affirmé.
L’avocat de la défense, Michel Leclerc, étudie quant à lui la possibilité de porter le verdict en appel.
« Il y a certains éléments qu’on veut revoir », a-t-il affirmé.
Benoit Pozzobon doit revenir devant le tribunal le 13 décembre pour les représentations des avocats sur la peine.
Voir plus de : Faits-divers
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