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Préserver le patrimoine vaut-il le « coût »? 

  • Publié le 27 janv. 2026 (Mis à jour le 27 janv. 2026)
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La gare du P’tit Train du Nord de Sainte-Agathe. Photo MRC des Laurentides 
La gare du P’tit Train du Nord de Sainte-Agathe. Photo MRC des Laurentides 

L’histoire forge les racines d’un pays et le patrimoine architectural fait partie intégrante de sa mémoire, de son identité et même parfois de sa reconnaissance à l’échelle mondiale. Malheureusement, certains édifices fragilisés par le temps nécessitent des soins très dispendieux. Alors, s’ils sont chers à nos yeux, jusqu’où peut-on aller pour leur redonner tout leur lustre? 

« La question du patrimoine est très importante, parce qu’il en va de notre identité culturelle et historique, lance d’emblée Jérémie Vachon, directeur général de la MRC des Laurentides. Mais dans le contexte actuel, cette question-là s’ajoute à celles qui sont de plus en plus dans la cour des municipalités, comme l’itinérance, les logements abordables et pléthores de choses qui doivent être prises en charge au niveau municipal, local et régional ». 

 L’avenir du passé compromis 

Bien ancrés dans le passé, les bâtiments anciens suscitent des inquiétudes, surtout quand leur état laisse à désirer. « Dernièrement, la loi a été modifiée de telle sorte que les municipalités régionales de comté comme la nôtre ont maintenant l’obligation de constituer un inventaire du patrimoine formel sur leur territoire, qui doit être adopté d’ici le 1er avril prochain afin que l’on ait une sorte de guide de référence pour le patrimoine en région », informe M. Vachon. Dans ce nouveau contexte, les Villes vont être dans l’obligation de mettre en place des règlements sur la démolition et sur l’entretien des immeubles. Elles vont donc dresser une liste des bâtiments à garder et de ceux à mettre à terre qui devra être adoptée par le conseil de la MRC.  

« Conserver du patrimoine, travailler sur de l’existant pour le mettre aux normes d’aujourd’hui, c’est souvent plus complexe financièrement et techniquement qu’une reconstruction à neuf, poursuit-il. Donc, l’enjeu, c’est d’avoir une volonté municipale de conserver une partie du patrimoine, car on ne pourra pas tout garder ». Il constate que si certains projets rénovés sont très bien réussis à un coût raisonnable, d’autres sont malheureusement abandonnés par manque de fonds. Certes, le Programme d’ententes en patrimoine (PEP) peut aider à obtenir du financement, mais les enveloppes ne sont pas suffisantes. « En mai dernier, une somme de 75 M$ sur trois ans a été proposée pour tout le Québec, alors qu’un seul bâtiment patrimonial peut coûter 10 M$ ou 15 M$ ».  

De nouvelles vocations complexes 

Les attraits architecturaux des vieux monuments sont généralement indéniables et dans un monde idéal, on en tire parti pour y créer des logements, un restaurant, une librairie… Bref, on se sert de l’ancien pour concevoir des espaces répondant aux besoins actuels. Mais la reconversion n’est pas aussi simple. « Le principal défi des édifices patrimoniaux, c’est d’être aux normes du code du bâtiment, ce qui n’est jamais le cas, affirme le directeur général. On a toujours des enjeux d’efficacité énergétique, de sécurité incendie, etc. cela demande beaucoup de modifications sur l’existant pour le rendre conforme aux normes actuelles, notamment en termes d’assurabilité. Certains projets de rénovation coûtent plus cher que de faire une nouvelle construction ».  

Un exemple criant de réussite 

Des choix judicieux sont donc de mise, d’autant que le patrimoine prend différentes formes selon les régions. Par exemple, les fermes patrimoniales du XIXe siècle sont omniprésentes en Montérégie, alors qu’il y en a peu dans les Laurentides. C’est ce qui crée la diversité et la richesse d’un territoire. « Ici, c’est surtout dans les noyaux villageois que les bâtiments sont des témoins très importants du patrimoine de notre région ». C’est le cas des gares maintenues le long de la route du P’tit Train du Nord, dont Sainte-Adèle, Val-Morin, Sainte-Agathe, Mont-Blanc, Mont-Tremblant, Labelle… qui représentent un très bel exemple de préservation. « Il y a eu une grande mobilisation citoyenne à l’époque lorsque le Petit Train du Nord a définitivement fermé. Des gens ont milité pour préserver les gares. » Aussi, ce sont de belles reconversions avec des vocations différentes, que ce soir un restaurant, un bureau touristique, une boutique de vélos… 

Assurément, quelque 30 ans après l’inauguration du Parc Linéaire du P’tit Train du Nord, on a du mal à imaginer que les charmants petits monuments qui jalonnent le sentier auraient pu être détruits. Conserver et revisiter ces gares a permis de préserver leur richesse historique tout en servant le bien commun actuel. 

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