Pierre Boutin, se reconstruire après un deuil 

  • Publié le 5 janv. 2026 (Mis à jour le 5 janv. 2026)
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Pierre Boutin. Photo gracieuseté
Pierre Boutin. Photo gracieuseté

Pierre Boutin a perdu son fils de 13 ans happé par son autobus scolaire à Sainte-Agathe en 2019. Ce drame brutal qui a bouleversé sa vie l’a guidé vers une voie de partage. Une voie qui l’aide, en aidant les autres. 

Jules Boutin avait 13 ans lorsqu’un autobus scolaire l’a happé mortellement il y a six ans. Une situation quasiment similaire a enlevé la vie d’une jeune fille du même âge à Laval en novembre dernier. « J’ai eu l’impression de revivre la même situation qu’avec mon fils, confie Pierre Boutin, le père du garçon. J’ai contacté le journaliste qui avait écrit l’article (sur les circonstances du décès de la jeune fille) pour lui dire que, si jamais les parents ont besoin d’écoute, je serai là pour eux compte tenu du fait que j’ai vécu à peu près la même chose. »  

Cette oreille attentive que Pierre Boutin leur propose, il l’offre déjà depuis quelques années à des personnes endeuillées, en fin de vie pour l’organisme Palliacco. Il a aussi commencé à donner du répit aux proches aidants, en allant chez les gens afin de rester auprès de la personne malade. Il coanime des groupes de deuil à Tremblant, surtout pour les enfants et fait de l’accompagnement en soins palliatifs à l’hôpital de Sainte-Agathe. 

Le sens de la vie 

C’est un long processus qui l’a amené à faire ce bénévolat. « Déjà, dans la jeune vingtaine, je me posais de grandes questions existentielles sur qui on est, d’où on vient, comment l’univers a été créé, etc. Jeune adulte, j’ai voyagé un peu partout sur la planète pour essayer de trouver des réponses à mes questions, relate M. Boutin qui a également fait de la coopération volontaire en Afrique. À mon retour, j’ai voulu faire des études supérieures pour apprendre la gestion de projet, puis travailler dans l’humanitaire, mais on prévoit des choses dans la vie et ça se passe autrement. » 

La rencontre avec celle qui allait devenir la mère de ses enfants a changé les plans de ce voyageur en quête de réponses. « On a eu deux enfants et dans ce rôle de père, j’ai découvert le sens de la vie. J’étais heureux. On était heureux tous les quatre. Et puis, à la sortie des classes le 19 septembre 2019 ( jour de l’accident), ma vie a basculé. » 

Les questions existentielles sont redevenues très présentes et, durant cette période, il dit avoir touché à quelque chose d’important pour lui : le goût d’aider, d’apporter sa contribution à un monde meilleur. « J’ai toujours eu ça en moi puisque j’ai fait de l’humanitaire, que je travaille comme enseignant en adaptation scolaire, mais évidemment, je me suis questionné sur ce qu’il y a après la mort. » Alors, il s’informe sur le sujet et, tranquillement, se sent investi pour aider les gens endeuillés. « J’ai demandé à une amie qui était l’une des fondatrices de Palliacco si je pouvais aider les gens de son organisation. Ça a été vraiment la bougie d’allumage, cet intérêt de m’impliquer auprès des gens dans le deuil ou en fin de vie. » 

Pierre Boutin lors du Spin-O-Don, organisé par Palliacco. Photo gracieuseté

Désormais, ce bénévolat occupe beaucoup de place dans l’existence de Pierre Boutin, qui en parle comme d’une passion. « Ce qu’on fait essentiellement c’est l’écoute; il n’y a rien d’autre à faire qu’être là, et écouter. » Palliacco est devenue sa deuxième famille et il souligne que l’organisme a de beaux projets et programmes. Par exemple, la sensibilisation et l’éducation par rapport à la mort et au deuil auprès des jeunes, puis des intervenants dans les CPE pour les outiller auprès des enfants endeuillés. « La mort est un peu occultée dans nos sociétés et je pense qu’en étant conscient de notre finitude, on va goûter encore davantage à la vie », dit l’enseignant qui consacre environ huit heures par semaine au bénévolat. 

Mettre des mots sur sa souffrance 

Selon Pierre Boutin, c’est important de comprendre que le deuil est vraiment différent d’une personne à l’autre compte tenu de son histoire de qui elle est, des circonstances du décès. « On ne peut pas dire aux parents d’un enfant décédé qu’un jour ça va aller mieux. Ce n’est pas ce qu’on veut entendre, constate-t-il, en ajoutant que les gens ont besoin d’être accueillis sans être jugés, mais d’être écoutés, parce que c’est essentiel de mettre des mots sur ce qu’ils ressentent. « On aime bien représenter le deuil comme des vagues; il y a des hauts et des bas. Avec le temps, la fréquence et l’amplitude des vagues diminuent. » 

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