Match rassembleur entre les Palettes roses et des hockeyeuses du Nunavik 

 Les Palettes roses ont reçu des joueuses du Nunavik. Photo Charles Guernon 
 Les Palettes roses ont reçu des joueuses du Nunavik. Photo Charles Guernon 

Pas moins de 250 personnes se sont réunies vendredi dernier pour encourager les Palettes roses et des joueuses inuites. Un événement exceptionnel démontrant la force rassembleuse des femmes et du sport.  

Émotion, rires, unité : le match de vendredi soir a été une totale réussite, dans le sens où ce n’était que du bonheur. Le score? 7 partout croit une joueuse des Palettes roses, Lisa Hays, sans en être certaine…  Peu importe au fond, car gagner n’était pas l’objectif premier de cette aventure. Une aventure rendue possible grâce à l’existence des Palettes roses, nées à la suite de la rencontre de Lisa Hays et Renée-Claude Gélinas dans les estrades pendant les heures de pratique de leurs fils respectifs au hockey. Elles sont devenues amies et le conjoint de Renée-Claude, Hugo Massé, leur a suggéré de louer la glace pour faire jouer les femmes. « Je lui ai répondu que c’était impossible, car je ne savais pas freiner et que ce serait juste pour rire de moi », raconte Lisa Hays. Tenace, le monsieur insiste longtemps et Lisa cède à condition de ne pas amuser la galerie gratuitement. Elle propose donc d’organiser un match-bénéfice et demande aux parents et amis d’y assister en précisant qu’il permettra d’amasser de l’argent au profit d’un organisme à but non lucratif pour les femmes de la région. L’engouement a été instantané et plusieurs mères de jeunes hockeyeurs se sont réunies pour jouer. « Après la partie, dans le vestiaire, il y avait beaucoup d’émotions, on avait eu un plaisir fou. »  

Les Palettes roses ont reçu des joueuses du Nunavik. Photo Charles Guernon

Un développement fulgurant 

Ça a été le départ d’une belle équipée et, depuis, elles ont réussi à obtenir des heures de glace pour pratiquer au Centre sportif Damien Hétu de Sainte-Agathe-des-Monts, puis à Sainte-Adèle et elles continuent à organiser des matchs-bénéfice. Ces femmes âgées de 25 à 63 ans ont avant tout développé un mouvement social extraordinaire. « On montre qu’on est capable de sortir de nos rôles de mère, de femme d’affaires et qu’on peut avoir un rôle sportif et d’échange que les hommes ont déjà », poursuit Lisa. De quatre joueuses au départ dans la région, elles sont passées à 60 l’année suivante et sont désormais 141. À tel point qu’elles ont fondé les mini-palettes pour répondre à la demande de jeunes filles qui voulaient suivre les traces de leurs aînées.   

Vendredi dernier, elles participaient donc à un événement-bénéfice incroyable. « On a une amie dans les Palettes, Karine, qui est infirmière; elle travaille dans le nord du Québec », informe Lisa. Karine patine parfois dans les arénas locaux des villages du Nunavik, puis de fil en aiguille, elle a été mise en contact avec des femmes qui avaient joué. Elle a alors eu l’idée du projet et ça a ravivé la flamme de certaines femmes qui se sont remises au hockey pour venir rencontrer les Palettes roses dans les Laurentides. Là encore, les femmes se sont démenées pour obtenir de l’aide, tant du côté des Inuites qui ont réussi par leurs gouvernements locaux à avoir des subventions que du côté des Laurentiennes qui en ont obtenu de la part de la ville de Sainte-Agathe-des-Monts et aussi de la députée de Bertrand France-Élaine Duranceau. Les joueuses inuites ont également fait des bingos pour amasser des sous.  

Belle ambiance pendant le match des Palettes roses contre des joueuses du Nunavik. Photo Charles Guernon

Ces hockeyeuses sont arrivées par avion du Grand Nord en plusieurs fois la semaine dernière et Renée-Claude Gélinas est allée les chercher à l’aéroport. « On est très heureuses qu’elles aient recommencé le sport pour venir nous rejoindre. C’est magnifique et ça nous sort un peu de l’isolement », mentionne-t-elle.  

« C’est quand même nouveau, en tant que femme, de se permettre de prendre du temps pour être entre nous et jouer; on a toujours besoin de se soutenir entre femmes. On a partagé une autre culture, c’est vraiment enrichissant, affirme Lisa Hays. Elles nous ont apporté plein de nourriture, des mets locaux comme du caribou et des poissons séchés vraiment excellents. On a passé de très beaux moments. » L’expérience a donc été un succès, tant pour les spectateurs que les participantes. La moitié des fonds amassés lors de ce match est destiné aux mini-palettes roses et l’autre moitié à un organisme inuit.  

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