Les organismes communautaires exigent un dialogue 

Depuis le 23 mars, les services communautaires sont en grève. Une grève sans précédent dans les Laurentides, parce que pour des organismes, les limites sont atteintes. Cette fois-ci, ce sont aussi les aidants du milieu qui ont besoin d’être aidés.   

La vulnérabilité de la population grandit et celle des travailleurs aussi. Résultat, le communautaire n’en peut plus. Vendredi dernier, un Die-in a d’ailleurs été mené devant les bureaux des trois ministres de la région (Éric Girard, ministre des Finances, député de Groulx; Sonia Bélanger, ministre responsable de la Santé et des Services sociaux et de la région des Laurentides, députée de Prévost; France-Élaine Duranceau, présidente du Conseil du trésor, députée de Bertrand). Les organismes exigent la mise en place d’une table de négociation nationale réunissant les ministères concernés, le mouvement Le communautaire à boutte et le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQACA). L’objectif : assurer un financement adéquat, prévisible et durable à la mission. 

Les femmes au premier plan 

Des appels aux lignes d’aide sans réponse; de l’aide alimentaire non livrée; des accompagnements annulés ou reportés : les personnes les plus vulnérables du territoire des Laurentides accèdent plus difficilement aux services depuis que la grève a commencé. « Elles sont invitées à prendre part aux mobilisations avec les équipes », mentionne Isabelle Thibault, coordonnatrice du Réseau des femmes des Laurentides (RFL), qui tient à préciser que le mouvement est parti des organismes de base. « Ils sont sur le terrain et voient les demandes qui s’accroissent, sans que les ressources augmentent. Il y a des départs en épuisement dus notamment à de l’usure de compassion de femmes qui travaillent pour les organismes. » Les employés doivent eux-mêmes bénéficier par exemple, de paniers de Noël, faute de moyens personnels. « C’est un secteur où il y a en majorité des femmes et il y a déjà une disparité salariale avec les hommes », déplore Mme Thibault. « Le communautaire, ce n’est pas la charité. C’est investir dans une main-d’œuvre locale pour donner aux locaux, puis faire beaucoup de prévention, ce qui évite souvent des catastrophes. » 

Reconnaissance 

On compte plus de 170 organismes communautaires dans les Laurentides et 4500 au total dans la Province. « Il faut que toutes les instances du communautaire puissent exprimer leurs besoins, qu’il y ait un véritable dialogue », soutient Isabelle Thibault. Les collectes de fonds demandent un investissement considérable de la part du personnel des organismes, qui devrait plutôt se trouver sur le terrain, estime Mme Thibault. Le mouvement Le communautaire à boutte invite donc le gouvernement à faire sa part en mettant la main à la poche, car, toujours selon Isabelle Thibault, ces organismes sont essentiels pour désengorger les services sociaux publics.   

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