À BOIRE
Sauvegarder un patrimoine viticole millénaire grâce à la biodiversité des vignes
Par Mariève Isabel et Jessica Harnois
En viticulture comme dans d’autres plantations, une tendance marque le dernier siècle : celle d’une diminution de la biodiversité des vignes plantées. Des 6000 variétés de vitis vinifera (les vignes originaires d’Europe, comme le chardonnay et le pinot noir) disponibles, 7 représentent à elles seules plus de 75% des plants produits par les pépinières chaque année.
Ainsi, les Chardonnay, Merlot, Cabernet sauvignon, Syrah, Grenache noir, Pinot noir et Ugni blanc (aussi appelé Trebbiano en Italie) dominent les vignobles de France et, on peut le supposer, du monde entier. On assiste malheureusement à une érosion génétique intervariétale, où les vignobles deviennent de plus en plus fragiles.
Les risques de la monoculture
Les problèmes occasionnés par cette monoculture vont bien au-delà de priver nos papilles de variétés fort intéressantes. Lorsqu’une maladie touche le vignoble, la monoculture, on le sait, affaiblit dangereusement la communauté du vivant.
Pour preuve, les jeunes vignobles de 10 à 15 ans, issus de ce système de masse, tendent à dépérir. En revanche, les vieux vignobles, ceux plantés il y a 60 ans et plus, globalement, se portent très bien. Ils résistent. En cours de route, quelque chose semble s’être perdu.
À la sauvegarde du patrimoine viticole
À la pépinière Berillon, située dans les côtes du Rhône méridionales, la richesse génétique prime. Pour Lilian Berillon, son fils Marcus et toute leur équipe, c’est la notion même de terroir qui est en jeu et qu’il faut protéger. Ainsi, ils développent un marché bien précis; non pas celui de masse, mais celui prêt à soigner le végétal pour créer de grands vins. Ils s’adressent aux vignerons – aux artisans – qui pensent à long terme, puisque, après tout, les vignes peuvent vivre et produire durant plus de 100 ans.
Pour la pépinière Berillon, la réponse à cette crise mondiale passe par la production d’une matière première de qualité. Pour ce faire, ils récoltent des sarments (qui permettent de reproduire un plant) parmi les plus belles vignes de France, puis s’affairent à dupliquer cet héritage génétique avant qu’il ne soit perdu.

Crédit Mariève Isabel et Jessica Harnois
Penser sur le long terme
Convaincre les artisans vignerons, souvent de petites entreprises familiales, de débourser davantage pour des vignes qui sont certes de meilleure qualité, mais dont l’amortissement se fera sur quelques décennies, n’est pas un simple défi. Mais comme le dit Lilian Bérillon : « On ne pourra pas faire de miracles si les vignerons n’embarquent pas. »
Pour les convaincre, le documentaire fort intéressant Un point c’est tout présentent les témoignages de vignerons qui ont adhéré corps et âme au projet. Sauvegarder un patrimoine viticole vieux de plusieurs millénaires : voilà la mission qui les anime. De quoi inspirer le changement.

Lilian Bérillon | Crédit Mariève Isabel et Jessica Harnois
Quelques suggestions de vins
Voilà Assyrtiko Lyrarakis Crète 2023
Code SAQ 11996333 | 19,50 $
Cet Assyrtico de la Crète, en Grèce, ne cesse d’épater. Encore tout récemment, il s’est mérité aux Sélections mondiales des vins, la plus grande compétition nord-américaine, non pas une, mais trois médailles, soit le Top 30, une médaille d’or et le prix du Jury – Best of Show. Au vignoble, la biodiversité règne, tout comme les cépages anciens qui participent à la sauvegarde du patrimoine viticole mondial.

Crédit SAQ
Ogier Artésis Côte du Rhône 2023
Code SAQ 15337407 | 17,85 $
Ce millésime très chaud a produit des vins faciles à boire, fruités à souhait, généreux et parfaits en toute occasion. Au Grenache s’ajoute la Syrah et ses notes épicées, le tout complété par du Cinsault et du Carignan. Du côté d’Ogier, la philosophie est humble et dédiée à l’expression du terroir et aux soins de la vigne, avec un minimum d’interventions et des pratiques durables qu’atteste leur certification bio.

Crédit SAQ
Château Loudenne Médoc cru bourgeois 2017
Code SAQ 102210 | 32,25 $
Puisque les grands soins font les grands vins, terminons avec un cru bourgeois du Médoc qui saura vous donner de belles émotions. Au nez, la complexité de ce vin se laisse sentir : graphite, chocolat, cassis, menthe, épices et une touche de cuir composent ce bouquet encore jeune. Le vignoble ne ménage pas les efforts pour protéger les lièvres, lapins, moutons, chevaux, cigognes, sans oublier le végétal, qui cohabitent avec les humains. Certifié bio, HVE 3 et Natura, le vignoble perpétue les traditions bordelaises dans le respect de la terre et des vignes. À mettre sur la table les jours d’occasions spéciales.

Crédit SAQ
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