Tricot à l’école Fleur-des-Neiges: une activité gagnante maille après maille

Hélène Bourdas et Léo Marcotte, élève de l'école Fleur-des-Neiges. (Photo gracieuseté)
Hélène Bourdas et Léo Marcotte, élève de l’école Fleur-des-Neiges. (Photo gracieuseté)

Des mamies investies dans leur communauté et des enfants de l’École Fleur-des-Neiges se retrouvaient l’an dernier chaque semaine pour un atelier de tricot. Petits et grands ont eu la piqûre, alors l’activité reprend cet automne.

« Il y a trois ans, on venait de commencer le groupe de tricot avec les poupées Réconfort. Ça ne faisait pas très longtemps que j’étais dans les Laurentides et je cherchais des façons de m’impliquer avec (l’organisme) Mères au front », raconte Hélène Bourduas, retraitée très active. « On avait vu qu’il y avait la possibilité de faire une chaise des générations et le maire nous a dit que c’était un projet en cours avec l’école Fleur-des-Neiges. »

Gabrielle Dubé (cofondatrice du Cercle de tricot à l’origine des poupées Réconfort destinées aux enfants dans le besoin) et Hélène Bourduas rencontrent alors Catherine Lantin, enseignante en adaptation scolaire engagée dans ce projet. « On a proposé de tricoter des petites poupées pour ajouter au décor de la chaise. Neuf enfants ont aimé l’idée et c’est avec eux qu’on a commencé », poursuit Mme Bourduas.

C’est ainsi qu’est née la collaboration avec l’école et les enfants ont appris à tricoter en faisant des personnages à leur effigie pour décorer la chaise.

Créativité, dextérité et satisfaction

« On est trois groupes d’adaptation scolaire et on a sondé les enfants pour savoir s’ils étaient intéressés. Quand ils ont vu le résultat final de la création des poupées, d’autres ont voulu essayer », souligne Catherine Lantin. Gabrielle et Hélène ont alors proposé des choses simples à réaliser, à commencer par des ornements à mettre dans le sapin du temps des fêtes. « Vu l’engouement, on a cherché plus de bénévoles », mentionne Hélène Bourduas. « Gabrielle a fait appel à d’autres tricoteuses pour avoir deux mamies par classe. » Des groupes ont été formés selon le niveau d’aisance et une bénévole s’est ajoutée pour apprendre le crochet. Ainsi, cinq grands-mamans, les enseignantes et des éducatrices, formées pour les besoins, donnaient chaque semaine des ateliers d’une cinquantaine de minutes pour des enfants de 6 à 12 ans. Après Noël, elles ont décidé de poursuivre pour le plaisir de tous.

« J’ai trouvé extraordinaire de voir tout ce que ça a apporté chez les enfants en termes de motricité fine, puis de créer et de construire quelque chose dont ils étaient très fiers », affirme Hélène Bourduas. « Ils ont réalisé leurs propres modèles à partir des patrons qu’on leur donnait. Ils s’entraidaient et leurs progrès ont été extraordinaires. »

 

 

 

 

 

Tricoter des liens

Pour Catherine Lantin, la relation que les enfants ont développée avec les mamies, (qu’ils appellent ainsi affectueusement), est incroyable. « Le côté intergénérationnel est bénéfique. Ils se sentent bien avec un adulte qui n’est pas dans le jugement ni les attentes. » Elle ajoute que certains ont même demandé des aiguilles à tricoter en cadeau.

L’enseignante confie que les élèves étaient bien tristes que ça se termine en mai, alors l’expérience est renouvelée cet automne. « On a eu un coup de cœur collaboratif et on veut continuer d’année en année. Notre objectif est de montrer que c’est bénéfique pour les enfants et d’inciter d’autres écoles et les personnes qui savent tricoter à transmettre leur savoir. »

Des mamies comblées

Gabrielle Dubé souhaite quant à elle évoquer ce que cette activité apporte aux mamies. « Pour moi, c’est un privilège et un bonheur de passer du temps avec des enfants, puis de transmettre une habileté, une compétence. Je trouve qu’il devrait y avoir plus de lien entre la communauté et l’école, car il y a beaucoup de ressources dans la communauté qui pourraient appuyer les enseignants. »

Et Hélène Bourduas d’ajouter : « J’aime à penser que les enfants bâtissent un lien avec un adulte une maille à la fois. Mine de rien, semaine après semaine, on s’occupe des mêmes enfants, alors ça crée des liens et ça me réjouit énormément. »

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