Les syndiqués de l’établissement La Macaza réagissent aux coupures

(Photo gracieuseté)
(Photo gracieuseté)

À La Macaza, des agents de correction et son syndicat tirent la sonnette d’alarme face aux compressions annoncées et déjà avancées au Service correctionnel du Canada par le gouvernement du Canada. C’est une somme de 132,2 M$ sur trois ans.

Tout récemment, une immense affiche montée sur la clôture face à l’établissement sur le chemin de l’Aéroport, et faite de ce qui semble des chandails côte à côte, déployait le message « Citoyens en danger ». Le mécontentement se manifeste.

Le président national d’UCCO-SACC-CSN, Frédérick Lebeau, a répondu aux questions de L’info au sujet des coupes de postes aux unités d’interventions structurées, les patrouilles et le remaniement des maîtres-chiens.

Prison vue de loin avec une enseigne
(Photo Médialo – Ronald McGregor)

Tout d’abord, le journal veut savoir si la population avoisinante de l’établissement a toutes les raisons de croire que leur sécurité est en danger.

« C’est sûr que ça va avoir un impact potentiel. Quand on parle de la diminution d’une patrouille, on coupe la sécurité de moitié », explique le président national. En plus de la sécurité, la contrebande sera affectée, toujours selon M. Lebeau.

Ce dernier indique que la population incarcérée de l’établissement est en changement important, expliquant que le statut de « prison à sécurité moyenne » s’avère maintenant un mélange de tous types de clientèle à cet endroit même en gardant le même statut. Dans les murs, selon le président, la violence et la contrebande ont progressé. « Ça bouge énormément ».

Coupures où?

M. Lebeau explique ensuite où l’on coupe et ça fait mal. Tout d’abord, il tient à expliquer celui de la patrouille mobile, dont un véhicule est en moins. Elle circule autour du périmètre de l’établissement, surveillant les boisés afin de s’assurer que personne ne s’y cache, elle veille aux alarmes de clôture, s’assure aussi au bien-fondé du détecteur de mouvements afin qu’il n’y ait pas d’évasion.

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« Quand on parle de la diminution d’une patrouille, on coupe la sécurité de moitié »
– Frédérick Lebeau, président national

À la patrouille s’ajoute celle des maîtres-chiens qui font le tour, entre autres, des cellules avec leur maître. M. Lebeau ne cache pas que les détails à ce titre ne sont pas vraiment clairs, expliquant qu’à La Macaza, il reste à voir l’application en lien avec les coupures.

« Ce n’est pas encore en vigueur, ça devrait l’être en début d’année fiscale. Ils vont tomber sur un rôle régional, donc La Macaza n’aura plus ses maîtres-chiens attitrés, mais va appartenir à la région du Québec. Ça sera divisé en cohorte. On ne sait pas trop comment ça va fonctionner […]. »

Où sont à prévoir les autres coupures? Frédérick Lebeau répond que, pour l’instant, ces deux mesures sont les seules annoncées.

« Ce n’est pas clair, mais on parle de, peut-être, la restructuration des effets personnels, de la visite. Mais l’on n’est pas encore là. Et le gouvernement ne nous consulte pas et l’on cherche toujours de l’information. On est informé, mais pas consulté ».

Un établissement sécuritaire?

La conversation bifurque vers le bâtiment. M. Lebeau détaille sur un point relativement important au niveau de la sécurité.

« La manière dont l’établissement est fait, c’est un type pavillon, campus. Donc, avec une clientèle plus violente, c’est très difficile de circonscrire quand il y a un événement, une émeute. Si l’on prend l’unité du secteur A, on ne peut pas l’isoler comme à Archambault. Là, à l’unité, on ferme la porte, la grille et l’événement est contenu. Ce n’est pas le cas à La Macaza, où il n’y a que des portes et fenêtres. Donc si je perds une unité, ce n’est pas long qu’ils sont dehors sur le terrain. Je peux perdre le pénitencier en claquant des doigts », explique le président.

Les syndiqués manifesteront encore? Frédérick Lebeau répond affirmatif.

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