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 Une famille française désabusée 

Laurie-Anne Monsinat et Joël Tordjman. Photo Médialo – Emmanuelle M. Verschaeve 
Laurie-Anne Monsinat et Joël Tordjman. Photo Médialo – Emmanuelle M. Verschaeve 

Laurie-Anne Monsinat et sa famille retournent en France après avoir vécu dans les Laurentides pendant deux ans. Un choix quasiment forcé par la précarité d’une situation trop lourde à porter.  

Laurie-Anne Monsinat, Joël Tordjman et leurs deux garçons ont débarqué de l’avion à Montréal le 14 mars 2024, le cœur plein d’espoir pour se créer une nouvelle vie au Québec. Cette décision, ces Français l’ont prise un an plus tôt, encouragés par la rencontre d’une famille qui avait été sélectionnée par tirage au sort pour partir au Québec. Laurie-Anne rêvait depuis longtemps de venir au Canada. « C’était rassurant de les voir prêts à faire ce grand saut et je me suis dit ‘pourquoi pas nous?’». Elle entreprend alors les démarches, seule, car son conjoint a dépassé l’âge requis pour une demande de permis vacances travail (PVT). « Ce n’était pas compliqué, il fallait juste donner la composition familiale et quelques informations », explique-t-elle. Dix jours plus tard, elle apprend qu’elle est sélectionnée. C’était en 2023 et ils avaient un an maximum pour se préparer à partir. 

Ils décident alors de faire un voyage touristique au Canada afin de vérifier qu’ils s’y sentiraient bien pour y vivre. Lors de ce périple, Laurie-Anne et Joël tombent en amour avec Saint-Donat. « C’est un endroit où les paysages sont magnifiques et on s’est dit qu’on aimerait s’y installer », se souvient la mère de famille. Ils ont donc préparé les documents nécessaires, pris une assurance maladie et payé tous les frais pour finaliser leur dossier.  

Un accueil qui refroidit 

Excité par le bonheur de cette nouvelle aventure, le couple a déchanté dès son arrivée à Montréal. « Nos enfants étaient énervés après 7 heures de vol, surtout Estéban qui était tout petit, et on nous a dit très sèchement de le calmer. Finalement, un douanier beaucoup plus sympathique a fait passer la famille en priorité. « On nous a demandé d’attendre dans un bureau avec plein d’autres personnes, relate Laurie-Anne. Ça a duré des heures, tous les enfants ont commencé à jouer et on s’est fait réprimander pour qu’ils restent assis en silence. C’était bizarre, je me suis sentie presque comme en prison. » Elle explique qu’elle avait imprimé un formulaire que les services d’immigration avaient recommandé de posséder, car il spécifiait que les conjoints des personnes ayant obtenu un PVT en auraient également un. « La douanière a attribué à Joël seulement un statut de visiteur, en précisant que la décision était à la discrétion de l’agent, et elle n’a pas voulu regarder le document de l’immigration. J’ai un peu insisté, mais sans plus, parce que je me sentais très mal à l’aise. En France, on nous parle de l’immigration en nous faisant croire que c’est facile et qu’on est bien accueilli, mais ce jour-là, je me suis dit que je n’y croyais plus du tout. » 

La famille a tout de même commencé sa nouvelle vie à Saint-Donat, épaulée et logée au départ par des gens rencontrés lors de leur séjour touristique. « Tout le monde est très gentil là-bas. J’ai eu un travail au bout de trois semaines, puis on a trouvé rapidement une petite maison à louer. » Puis Laurie-Anne a pris un deuxième emploi à Sainte-Agathe-des-Monts pour subvenir aux besoins de la famille, puisque Joël ne pouvait pas travailler. Il a tout de même obtenu un PVT au bout de six mois, sans explication sur le refus de ce même type de permis à son arrivée.  

Comme tous deux travaillaient à Sainte-Agathe, ils ont cherché un logement à proximité et ont trouvé une maison à Val-David. « On pensait qu’on avait de bons salaires, mais le coût de la vie est élevé ici. L’argent file très vite et toutes nos économies y sont passées », déplore la femme de 34 ans.  

Laurie-Anne Monsinat. Photo gracieuseté

Des incertitudes affligeantes 

L’incertitude permanente de ne pas savoir s’ils pourraient rester a découragé le couple. L’employeur de Laurie-Anne a proposé de renouveler son permis qui arrive à échéance en mars, mais la situation restait tout de même précaire.  

« Les conditions changent tout le temps pour le permis, on n’est jamais sûr de rien, alors c’est très déstabilisant, confie Laurie-Anne qui dit pourtant avoir un tempérament optimiste. « On a fait de belles rencontres et on a adoré les paysages, alors ça restera une expérience extraordinaire. Le problème, c’est qu’il y a un manque crucial de transparence au départ, puis d’encadrement quand on arrive. On n’a aucune information sur les ressources d’aide possible », conclut-elle, avec une légère amertume. La famille retourne en France le 28 février en ayant le sentiment de faire marche arrière. 

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