Des lunettes créées de A à Z dans les Laurentides  

  • Publié le 4 oct. 2025 (Mis à jour le 23 déc. 2025)
  • Lecture : 3 minutes
Marie-Catherine Goudreau
(Photo gracieuseté)
(Photo gracieuseté)

Au croisement de l’autoroute 15 et de la 117 à Val-Morin se trouve l’entreprise des montures Faniel. Imaginées et fabriquées à 100 % dans les Laurentides, ces lunettes sont portées partout dans le monde, tout en étant faites de matières recyclées. Flèche a visité les lieux au mois d’août et est entré au cœur du processus de création de l’entreprise.   

À l’origine des montures Faniel, il y a une histoire d’amour. Celle entre Anne-Marie Faniel et Patrick Bolduc. « J’ai frôlé la mort à deux reprises. À l’issue de cela, on réalise l’urgence de vivre. J’ai demandé à Patrick quel était son rêve. Le sien était d’avoir un centre optique. Le mien était d’être une chanteuse reconnue internationalement et de faire la Scala de Milan. On a fait un pacte : mettre tous nos talents au service l’un de l’autre pour accomplir nos rêves », raconte Anne-Marie.  

Pousser le style plus loin  

C’est ainsi qu’est né le premier projet du couple : Les Branchés Lunetterie. Ces magasins, qu’on compte maintenant à neuf au Québec, proposent des montures de créateurs. C’est du haut de gamme, tout en restant accessible à tout le monde. « Il y a une mission derrière ça. Nous ne croyons pas que le goût est une affaire d’argent. L’art et la qualité devraient être offerts à tous », souligne celle qui est aussi soprano.  

Mais rapidement, Anne-Marie sent qu’il manque quelque chose : les couleurs, les formes et l’audace qu’elle recherche ne se trouvent pas dans l’offre disponible. Elle décide donc de créer sa propre collection. Ayant de l’expérience comme maquilleuse dans les domaines de la télévision, du cinéma et de la mode, Anne-Marie connaît bien les visages et sait comment les mettre en valeur.   

Au cœur de ce processus, Anne-Marie a cette vision de recycler l’acétate de cellulose pour créer ses propres montures. Le couple part donc en France à la recherche d’usines desquelles il pourrait réutiliser l’acétate.  

Patrick Bolduc et Anne-Marie Faniel (Photo gracieuseté)

Le processus de fabrication  

Ce qui démarque les lunettes Faniel, c’est leur processus de fabrication, alors que les montures sont entièrement créées à la main dans leur usine – leur maison en bois rond – à Val-Morin, et ce depuis 2019. 

La première étape est la création et le design de la monture par Anne-Marie. Ensuite, on va créer un modèle en deux dimensions pour ajuster le modèle, avant de le faire en trois dimensions.   

Leur matière première provient de l’entreprise italienne Mazzucchelli qui produit de l’acétate de cellulose. Une fois que les plaques d’acétate sont utilisées une première fois, les retailles sont concassées et transformées en nouvelles plaques de teintes uniques. Ces nouvelles couleurs sont la création d’Anne-Marie.  

L’atelier situé à Val-Morin. (Photo gracieuseté)

« Chaque couleur est pensée pour un archétype précis, selon la forme du visage, la couleur des cheveux ou des yeux », explique la créatrice. Celle-ci s’inspire aussi de la nature. « Les bonnes combinaisons sont déjà là. Il suffit de regarder la nature. Comme quand on peint, la première chose à faire est de regarder sans penser. »  

« Ça prend une véritable artiste pour faire cela. Anne-Marie est une très grande maître des couleurs », ajoute son mari Patrick Bolduc, qui est aussi opticien.   

Une fois les plaques créées, les montures prennent forme grâce à un processus minutieux : dessin, modélisation en deux dimensions, adaptation en trois dimensions, puis façonnage à l’aide de machines.  

Enfin, les montures passeront plusieurs semaines dans quatre types de tonneaux qui contiennent différents types de pâtes ainsi que des billes de bois. Cela permet de créer le lustre de la lunette, naturel et durable. « Les montures Faniel resteront brillantes durant des années grâce à notre processus », souligne Patrick.  

(Photo gracieuseté)

Une entreprise portée par la famille  

Le succès des lunettes Faniel repose aussi sur une dynamique familiale. Clara, la fille du couple, a créé sa propre collection, Océana, à seulement 16 ans. Aujourd’hui, elle dirige les communications de l’entreprise. Son frère Johann, écrivain, dirige quant à lui l’atelier de fabrication. « C’est vraiment une entreprise familiale de A à Z », souligne Anne-Marie.  

Si chacun des enfants a suivi des études dans d’autres domaines, tous deux ont fini par rejoindre le projet, animés par cette même passion créative et l’envie de contribuer à l’entreprise.   

D’autres projets  

Même si le couple et l’atelier sont bien installés à Val-Morin, cela ne les empêche pas de continuer de développer l’entreprise à l’international.  Alors que plus d’une dizaine de milliers de montures par année sont produites, les lunettes Faniel sont distribuées dans plus de 800 points de vente dans le monde. Le couple d’entrepreneurs souhaite poursuivre son expansion au Québec, en Europe et aux États-Unis, notamment avec des magasins Faniel.   

Parallèlement à l’entreprise, Anne-Marie n’a jamais mis sa passion de côté et poursuit sa carrière en chansons et compte plusieurs albums à son actif.   

À lire également dans cette série La mode d’ici

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